Christine Albanel : "J’ai souhaité une méthode participative"

3 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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La ministre de la Culture soutient que les missions historiques de son administration sont confortées. Elle exprime sa volonté de livrer aux représentants du personnel l'information la plus complète possible.

Quelles seront les missions de votre ministère en 2012 ? Avec quels objectifs ? Depuis sa création en 1959, le ministère de la Culture a pour mission de "rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et favoriser la création des œuvres de l’art et de l’esprit qui l’enrichissent". La Révision générale des politiques publiques n’a remis en cause aucune de ces missions. Elle a, en revanche, souligné certaines insuffisances. Afin d'y remédier, j’ai proposé différentes réformes d’organisation, validées par le président de la République et le Premier ministre. Le ministère de la Culture et de la Communication voit ainsi confirmées l’ensemble de ses missions au service des patrimoines, de la création et de la diffusion. Avec un objectif prioritaire d’élargissement de la diffusion. Il prendra mieux en compte et plus globalement la révolution numérique et son impact sur le développement de nouvelles offres et sur les industries culturelles.

Quel est aujourd'hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration ?

Il est difficile de n’en citer qu’un ! Tous sont importants et cohérents entre eux. Nous souhaitons mettre en œuvre un certain nombre de réformes dès 2009, tout en ayant la meilleure concertation possible avec les organisations représentatives du personnel. Il en est ainsi de la réorganisation de l’administration centrale qui passera de dix directions aujourd’hui à trois grandes directions générales et un secrétariat général. Il y aura une direction chargée des patrimoines de France, une direction responsable du soutien à la création et aux réseaux de diffusion et une direction en charge du développement des médias et de l’économie culturelle, regroupant l’actuelle direction du développement des médias et des services compétents en matière d’industries culturelles, aujourd’hui dispersés dans plusieurs directions du ministère. S’ajoute à ces trois directions générales, un secrétariat général rénové qui prendra en charge à la fois la modernisation du ministère et la conduite du changement, le pilotage et la coordination de ses politiques transversales et les fonctions supports. Autre chantier : la réorganisation des services déconcentrés du ministère. Là aussi, l’architecture générale a été arrêtée : les directions régionales des affaires culturelles, auxquelles seront désormais rattachés les services départementaux de l’architecture et du patrimoine, feront partie des huit services déconcentrés de l’État à l’échelon régional.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain ? Pourquoi ?

L’externalisation est déjà une réalité au ministère de la Culture et de la Communication comme dans la plupart des ministères : nettoyage, sécurité, mais également conseil juridique ou informatique. Elle l’est également dans les opérateurs sous tutelle du ministère : je pense notamment aux contrats multiservices du musée du Quai Branly ou de la Cité de l’architecture. L’externalisation n’est pas la panacée, notamment lorsqu’on cherche à réduire les dépenses publiques. Qui dit prestation, dit marge des entreprises. Il faut être pragmatique et savoir utiliser cette solution lorsqu’elle apparaît la plus adaptée.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

Le président de la République et le Premier ministre ont fixé un objectif de non remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Les différents chantiers de réforme décidés dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques permettront au ministère de contribuer à cet objectif.

Comment motivez-vous les agents autour de la réforme de votre ministère ?

La motivation passe d’abord par la meilleure information possible. J’ai ainsi choisi de m’adresser directement à chaque agent du ministère à chaque étape importante des réformes. Information mais également association. Des chefs de projet ont été nommés sur chaque réforme et les groupes de travail sont très nombreux. J’ai souhaité une méthode participative. J'ai également voulu, à chaque étape, offrir l'information la plus complète possible aux représentants syndicaux. Ils seront, à chaque niveau, impliqués dans le processus de mise en œuvre qui s'ouvre. Enfin, la motivation passe enfin par la conviction. Conviction que nous sommes en train de construire le ministère du XXIe siècle. Le ministère de la Culture n’est pas un ministère comme les autres. On n’y entre pas par hasard.

Propos recueillis par L. F.

 

Ses chantiers

- Installer trois directions générales du ministère
- Intégrer la direction du développement des médias dans le ministère
- Renforcer les directions régionales des affaires culturelles