Hervé Morin : "Le ministère de la Défense est le seul à garder ses économies"

3 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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Le ministre de la Défense décrit la grande réforme qu'il a engagée au sein des armées. Il assure que tous les gains réalisés seront réaffectés au budget du ministère.

Quelles seront les missions de votre ministère en 2012 ? Avec quels objectifs ?

Les missions des armées restent, dans leurs grands principes, inchangées depuis de longues années, depuis que la Nation est unie autour de son armée. Il s'agit d'assurer la défense de la Nation, être au service de notre pays et des Français. Les femmes et les hommes qui forment la défense nationale œuvrent, chaque jour, pour assurer la protection de la nation et préserver ses intérêts supérieurs. Évidemment, ces missions s’adaptent aux changements du contexte international et à l’évolution des risques. Aujourd’hui, les menaces prennent de nouvelles formes, notamment celles du terrorisme, des cyberattaques ou encore de la prolifération nucléaire. Les objectifs seront simples : maintenir au plus haut niveau l’outil opérationnel dont dispose la France et l’adapter aux nouveaux défis qui apparaissent.

Quel est aujourd’hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration ?

Ma priorité est de réussir la transformation de l’ensemble du ministère afin de l’adapter à l’évolution des nouvelles menaces. L’objectif est d’avoir un dispositif plus efficace et moins coûteux. C’est pourquoi nous densifions nos unités autour d’environ 90 bases de défense pour faire primer une logique opérationnelle et optimiser les structures. Rationaliser les services administratifs et mutualiser les soutiens nous permet de faire des économies et de dégager des marges de manœuvre. Point important, le ministère de la Défense est le seul ministère à garder ses économies sans les reverser au budget général. Les moyens qui seront dégagés seront utilisés pour poursuivre l’indispensable modernisation des équipements et pour améliorer la condition des militaires.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain et pourquoi ?

Compte tenu de la nature de ses missions, le ministère de la Défense ne peut pas envisager d’externaliser les activités qui relèvent de son cœur de métier. À savoir la protection et la défense des Français et de leurs intérêts en France et dans le monde. Cela étant, certaines fonctions support aujourd’hui assurées par des personnels civils et militaires pourraient facilement être remplies par des prestataires extérieurs, pour une qualité de service au moins équivalente et un coût moindre. Tel est le cas de l’alimentation sur les bases, de l’habillement, d’une partie de la formation, de la maintenance des infrastructures et d’une grande partie du matériel des armées.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

Comme l’ensemble des autres ministères, celui de la défense est concerné par la mise en œuvre de la règle de réduction de ses effectifs, à hauteur du non remplacement d’un départ en retraite sur deux. Cette réduction des effectifs ne sera pas comptable, mais fonctionnelle, et tiendra compte des contraintes liées aux missions de nos armées. Elle sera rendue possible du fait des réorganisations des fonctions de soutien de nos armées et des services.

Comment motivez-vous vos agents autour de la réforme de votre ministère ?

Nos militaires, comme les civils, sont avant tout préoccupés par le niveau des moyens qui leur sont donnés pour remplir leur mission. Cette réforme vise justement à préserver, voire accroître nos capacités d’équipement. La réforme conduira, notamment par la mutualisation des services de soutien, à diminuer l’effectif global du ministère. Le gain réalisé sera pour moitié redistribué aux personnels civils et militaires du ministère. C’est déjà ce qui a été pratiqué en 2008 avec un effort très significatif de 102 millions d'euros. Cette démarche sera reconduite année après année. Elle est très concrète et clairement perçue par l’ensemble du personnel. Lorsque les réformes seront mise en œuvre, le personnel vivra mieux au ministère de la Défense. Les bases de défense permettront un soutien densifié et seront situées généralement dans des bassins d’emplois dynamiques. Ces bases offriront des parcours professionnels plus diversifiés. Le travail des conjoints sera facilité et l’éducation des enfants sera plus aisée. Les procédures de gestion du personnel seront unifiées, ce qui soulagera chacun d’un certain nombre de complexités administratives.

Propos recueillis par L. F.

 

Ses chantiers

- Constituer 90 bases de défense - Rationaliser les services administratifs et mutualiser les soutiens - Externaliser certaines fonctions support (alimentation, habillement, maintenance) - Ne pas remplacer un départ en retraite sur deux