Jean-Louis Borloo : "Au cœur de la plus importante bataille de ce siècle"

3 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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Pour le ministre d'État, la création du Meedat est l’une des plus grandes réformes de l’État engagées depuis la Libération. Une expérience observée de près par nos partenaires européens.

Quelles seront les missions de votre ministère en 2012 ? Avec quels objectifs ?

Notre première mission consiste à mettre en œuvre, dès aujourd’hui et secteur par secteur, la feuille de route du Grenelle de l’Environnement. D’ailleurs, le projet stratégique du ministère, élaboré au cours du premier semestre 2008 avec l’ensemble des agents, s’inscrit dans le droit fil des engagements pris par l’ensemble des parties prenantes. Il s’articule autour de huit axes ou de huit priorités autour du développement durable : inventer une croissance responsable ; placer la France aux avant-postes de la lutte contre le changement climatique ; encourager de nouveaux modes de production et de consommation plus sobres en énergie et en carbone ; développer une ville durable ; sauvegarder la biodiversité et la qualité des milieux naturels ; faire de nos territoires de véritables "laboratoires du développement durable" ; réduire les risques naturels et technologiques et renforcer la compétitivité de nos territoires. Une chose est sûre : face à l’urgence, nous avons une vraie obligation de résultats.

Quel est aujourd’hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration ?

Après un an d’existence et grâce au travail effectué par tous les agents sur le terrain, nous sommes déjà en état de marche. Cependant, pour consolider et inscrire ce ministère dans la durée, nous devrons mener à bien trois chantiers prioritaires. Le premier concerne la réorganisation complète d’ici un an de l’administration centrale. Nous passerons ainsi progressivement de 35 directions générales à une organisation totalement transversale, comprenant un secrétariat général, un commissariat général au développement durable et cinq directions générales sectorielles. Nous souhaitons également achever d’ici trois ans la fusion des Drire, Diren et DRE en une seule direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Enfin, nous généraliserons, d’ici deux ans, les fusions des DDE, des DDAF pour créer les directions départementales de l’équipement et de l’agriculture (DDEA). Les DDEA constitueront ainsi le socle des futures directions départementales des territoires. Il nous reste enfin à organiser l’administration des affaires maritimes. La création de ce grand ministère est sans aucun doute l’une des plus grandes réformes de l’État engagées depuis la Libération.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain ? Pourquoi ?

Personnellement, je n’ai pas d’idée préconçue. Je crois que c’est une question qu’il faut étudier au cas par cas, sans a priori, en fonction des sujets. Même si des propositions d’externalisation ont pu être avancées, rien n’est encore tranché. Toute éventuelle décision d’externalisation devra de toute façon faire l’objet d’une étude attentive et surtout d’une concertation approfondie avec les partenaires sociaux.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

En ce qui nous concerne, la mise en place du nouveau ministère du Développement durable a permis de créer d’importantes synergies entre les services. Je pense en particulier à toutes les fonctions "supports" qui sont désormais communes. De plus, certaines missions nécessitant une approche au plus près des réalités du terrain peuvent tout aussi bien être exercées par les collectivités locales. Enfin, nous mobilisons les compétences des agents pour les mettre au service des nouvelles priorités du ministère. Par exemple, nous allons progressivement substituer aux missions d’ingénierie publique concurrentielle une ingénierie spécialisée dans le développement durable. Quoi qu’il en soit et comme je l’ai dit aux cadres du ministère le 13 juin dernier, je veillerai personnellement à ce que personne ne reste au bord du chemin. Mais, oui, nous participerons à l’effort commun et nous appliquerons la règle du "un sur deux".

Comment motivez-vous les agents autour de la réforme de votre ministère ?

J’ai souvent eu l’occasion de rencontrer les agents du ministère au cours de cette année. Même si je comprends leurs interrogations, je m’attache à leur faire partager plusieurs convictions. D’abord, la construction de ce ministère est une expérience absolument inédite en Europe, qui est regardée de très près et avec beaucoup d’intérêt par tous nos partenaires. De plus, les agents du nouveau ministère du Développement durable sont placés au cœur de la plus importante bataille de ce siècle : la lutte contre le changement climatique, la raréfaction des ressources, la protection de la biodiversité…Enfin, le développement durable n’est pas une nouvelle mission mais une nouvelle façon d’assumer ensemble toutes les missions de service public de ce ministère.

Propos recueillis par L. F.

 

Ses chantiers
- Passer de 35 directions générales à une organisation transversale comprenant un secrétariat général, un commissariat général au développement durable et cinq directions générales sectorielles
- Achever d’ici trois ans la fusion des Drire, Diren et DRE en une seule direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal)
- Organiser l’administration des affaires maritimes