Michèle Alliot-Marie : "D'abord les missions, ensuite les moyens"

3 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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La ministre de l'Intérieur rappelle les missions de son administration : lutte contre la délinquance, gestion des crises de toute nature et représentation de l'État sur le territoire. Elle est plus floue sur la réduction des effectifs.

Quelles seront les missions de votre ministère en 2012 ? Avec quels objectifs ?

La première mission du ministère est la protection des Français, en tout temps, en tout lieu, en métropole comme en outre-mer. Elle se traduit d'abord par la lutte menée par la police et la gendarmerie contre le risque terroriste et toutes les délinquances. Elle se traduit aussi par la capacité d'anticiper et de gérer des crises de toute nature : incendies, inondations, séismes, catastrophes industrielles… Elle se traduit enfin par la présence de l'État au service de nos concitoyens, sur tout le territoire, sous l'égide des préfets. Dans chacun de ces domaines, je conduis le ministère à se réformer, à se moderniser, pour être plus efficace.

Quel est aujourd'hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration ?

Quatre chantiers sont prioritaires : d'abord, l'intégration de la gendarmerie nationale au ministère, au 1er janvier 2009. Cette intégration respectera le statut militaire des gendarmes, dans le cadre de la parité globale avec les policiers. Ensuite, l'amélioration de la capacité d'anticiper et de prévenir les risques avec la création de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la création d'une délégation à la prospective et à l'action stratégique et le développement d'une délégation aux affaires internationales. Puis, la modernisation de toutes les structures indispensables à notre efficacité dans un monde qui évolue : généralisation de la police technique et scientifique, mise en place d'une direction de la planification et de défense. Enfin, la réforme de l'État territorial pour laquelle notre implantation sur tous les territoires nous donne une responsabilité particulière. Cette réforme, longtemps attendue, doit permettre de mieux répondre aux besoins des populations. Dans des zones isolées, assurer la continuité de l'État répond aux besoins des élus locaux et des populations.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain ? Pourquoi ?

L'externalisation ne doit pas être un a priori idéologique, mais un outil dont l'efficacité doit être mesurée. Permet-elle de mieux assurer la mission, avec les mêmes objectifs, à moindre coût dans la durée et en traitant les éventuels problèmes sociaux ? C'est ainsi que le ministère a décidé d'externaliser l'habillement de la police ou que j'ai lancé au ministère de la défense l'externalisation de la gestion immobilière de la gendarmerie.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

Il est toujours possible de décréter une telle réduction des effectifs. La vraie question, c'est de savoir si on peut remplir les missions avec la même efficacité. C'est toute la problématique de la RGPP. C'est en s'interrogeant d'abord sur les missions et ensuite sur les moyens strictement nécessaires que nous ferons, ici comme ailleurs, le succès de la RGPP. Un certain nombre de réformes que j'ai engagées montrent déjà notre capacité d'aller dans la direction d'une politique publique plus efficace. Par exemple, la création de la DCRI va permettre de mieux répondre à une priorité du Livre blanc : le renseignement, avec un effectif total inférieur à la somme de celui des deux anciennes directions, RG et DST.

Comment motivez-vous les agents autour de la réforme de votre ministère?

Aucune réforme ne peut être conduite sans que les personnels concernés la fassent leur. Avant de produire des économies, une réforme nécessite de préparer la nouvelle donne et d'accompagner le mouvement. C'est pour cela que j'ai demandé à la secrétaire générale du ministère d'élaborer une charte sociale. Je souhaite que ce document établisse le cadre général des relations entre administration et syndicats. Il faut agir dans la transparence, savoir informer sans rien cacher ; c'est de ma responsabilité comme de celle de toute la hiérarchie administrative et chacun doit véritablement l'exercer. Ensuite, montrer les effets bénéfiques des réformes. Je pense d'abord à la clause de retour, ces fameux 50 % du montant des économies de masse salariale. J'ajoute une seconde conséquence à laquelle je suis très attachée : la réforme doit favoriser la promotion sociale des agents et leur ouvrir des horizons professionnels plus valorisants.

Propos recueillis par L. F.

 

Ses chantiers

- Intégrer la gendarmerie au 1er janvier 2009 - Créer la Direction centrale du renseignement intérieur - Généraliser la police technique et scientifique - Réformer l'État territorial