Rachida Dati : "Recentrer les juridictions sur le cœur de leur mission"

3 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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La garde des Sceaux place le recentrage de son ministère sur ses missions essentielles en tête des priorités. Depuis son arrivée, le secrétariat général a vu ses compétences élargies et un nouveau service des ressources humaines est institué.

Quelles seront les missions de votre ministère en 2012 ? Avec quels objectifs ?

Mon objectif est de rapprocher la justice des Français. Élaborer la loi, définir la politique pénale du gouvernement, assurer le bon fonctionnement de la justice au quotidien, la sécurité des tribunaux et les conditions de travail des personnels au service de la justice, prendre en charge les condamnés et particulièrement les mineurs, sont les principales missions du ministère de la Justice. En 2012, nous aurons recentré les juridictions sur le cœur de leur mission, afin que les décisions de justice soient rendues dans des délais raisonnables, l'administration pénitentiaire pourra mieux assurer l'accueil des détenus et se consacrer davantage à la réinsertion et à la prévention de la récidive. En effet, d’ici 2012, 13 200 places de prison seront créées et tous les outils pour les aménagements de peines seront développés, comme les bracelets électroniques.

Quel est aujourd'hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration?

Dès mon arrivée, j’ai anticipé la Révision générale des politiques publiques en dotant le ministère d’un véritable service des ressources humaines. Dans le même temps, j’ai engagé la réorganisation de l'administration centrale. Le 1er septembre 2008, le ministère disposera d'un secrétariat général rénové aux compétences élargies. Nous aurons une administration centrale beaucoup plus efficace. Nous aurons également une inspection unique et l’outil statistique sera désormais rattaché au secrétariat général.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain ? Pourquoi ?

Sur ce sujet, j’ai une approche pragmatique. Ce qui compte, c'est l'efficacité et la qualité du service public. Par exemple, nous savons tous que l'État n'est pas un propriétaire immobilier qui entretient correctement son patrimoine. La justice en a tiré les conséquences. Ainsi, depuis la loi Chalandon de 1987, l'entretien d'une partie des prisons (maintenance, restauration) est confié au secteur privé. Nous continuerons à développer cette externalisation afin que l’État puisse se consacrer à ses missions essentielles, en l’occurrence la surveillance des détenus, la sécurité, la réinsertion des condamnés après leur peine et la prévention de la récidive.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

Le président de la République et le Premier ministre ont souhaité faire de la justice un chantier prioritaire. J’ai obtenu pour 2008 un budget en hausse de 4,5%. Tous les départs à la retraite ont pu être remplacés et 1 600 emplois, dont 1 100 pour l’administration pénitentiaire, ont pu être créés.

Comment motivez-vous les agents autour de la réforme de votre ministère ?

Je suis chaque jour sur le terrain à la rencontre des magistrats et des fonctionnaires. Ce sont eux les acteurs de la réforme. Sur le terrain, ils développent de bonnes pratiques que je souhaite généraliser. Je veux ainsi faire de la Chancellerie une maison à l’écoute, plus ouverte et plus moderne.

Propos recueillis par L. F.

 

Ses objectifs

- Rapprocher la justice des Français - Assurer le bon fonctionnement des tribunaux au quotidien - Prendre en charge les condamnés, notamment les mineurs