« La défense, c’est avant tout la sécurité du pays ! »

9 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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Le ministre de la Défense, Hervé Morin, était l’invité du déjeuner-débat organisé ce mercredi, lors des Rencontres de la modernisation de l’État. L’occasion pour lui de détailler en quelques points la réforme de son ministère.
- Le Livre blanc de la défense «La presse européenne et internationale a très bien accueilli le Livre blanc, se réjouit Hervé Morin. Les forces de la communauté militaire ont compris qu’il était nécessaire de prendre un certain nombre d’évolutions», a-t-il ajouté. Pour le ministre, l’outil de défense doit s’adapter en permanence. Ainsi, il doit, à l’heure actuelle, faire face à la mondialisation, appréhender les risques et prendre en compte la menace terroriste. La défense est également confrontée à de nouvelles attaques, comme celles venant directement d’Internet. «Celles-ci peuvent désorganiser la société et porter atteinte à la sûreté des personnes», confirme Hervé Morin. Le Livre blanc suggère donc de renouveler et de moderniser les moyens. - La carte militaire «Elle n’est pas que le fruit du Livre blanc, suggère le ministre. Il s’agit d’une profonde adaptation de notre organisation. Nous passons de la professionnalisation à la restructuration en profondeur des forces opérationnelles sans toucher à l’administration générale et au soutien.» Ce mouvement de refonte de la carte militaire passe par la densification des unités, la mutualisation des fonctions – qui étaient auparavant déclinées armée par armée – dans des bases de défense. - L’externalisation «À titre personnel, je ne pense pas que l’externalisation soit l’alpha et l’oméga de la réussite, même si des éléments doivent être posés», avance le ministre de la Défense. La question est de savoir s’il est intéressant ou non d’externaliser. Plusieurs incertitudes doivent être levées, notamment le fait que l’externalisation ne doit pas se faire au détriment des besoins opérationnels. En outre, il faut trouver un moyen de neutraliser l’effet de la TVA et se poser la question du maintien des ressources budgétaires. «Il est nécessaire d’être prudent. Nous allons réorganiser en priorité le chantier de notre ministère», confie Hervé Morin. - La défense et l’aménagement du territoire Sur le principe, la défense ne sert pas à aménager le territoire. «La défense, c’est la sécurité du pays !», s’exclame le ministre, qui a précisé que certaines décisions de fermer telle ou telle caserne seraient prises individuellement «en fonction notamment de leurs bassins d’emploi». Cependant, le ministère ne devrait pas se désintéresser des territoires. Hervé Morin a d’ailleurs évoqué un amendement qu’il a déposé à la loi de modernisation de l’économie (LME) concernant la vente de terrains pollués appartenant à la défense et laissés en friche. - Les suppressions de postes Le ministère en prévoit 54 000 jusqu’en 2013. Hervé Morin explique que plusieurs scénarios sont envisagés, pour accompagner une armée qui compte 52 % de contractuels. «On peut soit jouer sur les robinets d’entrée, en faisant attention de ne pas perdre de compétences, soit opérer sur le non renouvellement des contrats, soit lancer un plan d’accompagnement social (aide au départ, pécule, aide à la création d’entreprises, …)», décrit Hervé Morin. En revanche, aucune précision sur les catégories concernées : «Il faut un système équilibré», affirme le ministre de la Défense. S. de V.