Impliquer les agents

10 juil. 2008, PAR Acteurs Publics
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Le député UMP de Seine-Saint-Denis, Éric Raoult, a débuté cette table ronde en disant qu’il revenait d’Afrique du Sud, et que les services de sécurité français y avaient été félicités, notamment pour la qualité de la manière avec laquelle ils avaient travaillé durant la Coupe du monde 1998. Il a ensuite fait le témoignage « non-partisan », d’un « élu de banlieue », qui a eu, ces dernières années, à gérer des situations d’émeutes urbaines aux côtés d’élus de gauche. Revenant sur les nombreux débats sur la sécurité, il a évoqué le cas du retour de la police de proximité, et contredit la fameuse phrase qu’avait prononcé Nicolas Sarkozy dans un commissariat de banlieue : « Elle ne faisait pas que jouer au ballon avec les jeunes, et c’est un député de droite qui vous le dit ! ». « Je suis heureux que le débat se soit apaisé sur le sujet. La sécurité et un accompagnement indispensable de la politique de la Ville », a conclu Éric Raoult. Gérard Clérissi, directeur adjoint du cabinet de la direction générale de la police nationale, a livré son analyse sur l’histoire et l’avenir des réformes de la police nationale. Il a rappelé qu’il fallait d’abord dépenser pour mieux économiser ensuite. Le général Muller, du cabinet de la direction générale de la gendarmerie nationale, a, de son côté, évoqué les nouveaux champs d’action de la gendarmerie – comme la délinquance sur Internet : « Contrairement au privé, où l’on commence par aller voir le financier avant toute réforme d’importance, il nous faut commencer par le cœur de métier, par impliquer les agents », a-t-il rappelé. Il a aussi insisté sur le fait qu’il fallait « ajuster le tempo des réformes ». Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie Officiers, a évoqué les lourdeurs de l’administration, et le fait que les syndicats comme le sien, de plus en plus représentatif, sont souvent « trompés ». Il a expliqué aussi que « lorsqu’on ne parlait pas de sécurité globale, on se limitait à de l’endogamie : il y a la police, la gendarmerie, mais il y a aussi les douanes, la pénitentiaires, voire la sécurité privée ! ». Mais il reconnaît que l’on peut faire « mieux, avec moins de moyens ».

Thomas Renou
Acteurs Publics