Quels moyens pour le ministre de la Production ?

14 mai 2012, PAR Acteurs Publics
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Stratège de la politique industrielle, le futur ministre de la Production devrait coordonner les travaux prospectifs des autres ministères sur les filières d’avenir et œuvrer en étroite collaboration avec les conseils régionaux et la Banque publique d'investissement. Au-delà du périmètre habituel du ministère de l'Industrie, il pourrait disposer de services des ministères de la Recherche, de la Santé, de la Datar et du Centre d’analyse stratégique.

Entre les schémas imaginés dans la campagne et la réalité des périmètres ministériels, il y a toujours un écart. Dans la dernière ligne droite, le Président et son Premier ministre affinent les contours des ministères en fonction des personnalités qu’ils souhaitent nommer à leur tête, quitte à rogner un peu sur les engagements pris. Dans ces ultimes marchandages, les partisans d’une véritable politique industrielle espèrent que le ministère de la Production et de l’Industrie ne ressortira pas trop affaibli dans le gouvernement nommé le 16 mai. Et ce même si la réindustrialisation et le soutien aux PME dépendront au moins autant des conseils régionaux et de la future banque publique d’investissement que du nouveau ministère.

L’enjeu est de taille. Il s’agit de ressusciter un ministère de l’Industrie digne de ce nom qui aura la double mission de stopper l’hémorragie des emplois industriels et de fixer un cap pour les années à venir. En toute logique, ce ministère serait rattaché à Bercy et son titulaire serait un ministre de plein exercice au côté du ministre des Finances et du Budget. C’est du moins ce que prévoyait François Hollande en février dernier dans l’entretien qu’il avait accordé à Acteurs publics (lire l’interview). Problème : au sein du ministère de l’Économie, les administrations affectées à l’industrie se sont réduites comme peau de chagrin au cours des dernières décennies et se réduisent dans les faits à la direction générale de l’industrie et des services (DGCIS) et au comité interministériel aux restructurations industrielles.

Expertise

Selon un membre de l’équipe de François Hollande, au-delà de son périmètre actuel, le futur ministre de l'Industrie devrait donc avoir autorité sur l’ensemble des services chargés de l’industrie dans les autres ministères. Cela pourrait concerner les services chargés de l’innovation au ministère de la Recherche, ceux liés à l’industrie du médicament à la Santé ou encore la délégation à l’industrie agroalimentaire, déjà dans le giron du ministère de l’Industrie. “L’objectif est surtout de mutualiser les capacités d’expertise afin d’identifier les grandes filières d’avenir”, explique le même haut fonctionnaire. Pendant la campagne, Alain Rousset, le responsable du pôle “Industrie” de l’équipe de François Hollande, s’est prononcé en faveur d’un haut commissariat pour épauler le ministre dans son rôle de stratège. Le nouvel organisme devrait bénéficier de l’appui du Centre d’analyse stratégique et de la délégation à l’aménagement du territoire (Datar).

Laurent Fargues

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