Le 18/07/2012 dans Actualités > Hôpitaux
Sécurité sociale

L’assurance maladie prône une réorganisation de l’offre de santé territoriale

Dans un rapport rendu public le 17 juillet, l’assurance maladie détaille ses pistes d’économies pour boucler le budget 2013 de la Sécurité sociale. Elle préconise de réorganiser localement l’offre de santé en favorisant des prises en charge alternatives aux hôpitaux publics.

“Une utilisation efficiente des ressources dédiées au système de santé passe d’abord par une meilleure répartition sur le territoire.” C’est l’un des constats de l’assurance maladie dans son “Rapport sur les charges et produits pour l’année 2013”, rendu public le 17 juillet et qui sera examiné jeudi 19 juillet par le conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (cliquez ici pour consulter le rapport).

Pour contenir l’augmentation des dépenses de santé à + 2,7 % en 2013, quelque 2,2 milliards d’euros d’économies sont nécessaires, estime l’assurance maladie. Parmi les pistes possibles, elle préconise de revoir l’organisation de la chaîne de prise en charge des patients. Si l’hôpital public doit être maintenu au cœur des réseaux de santé, des prises en charge alternatives doivent se développer.

“Il faut centrer les structures hospitalières sur les phases aiguës, développer les prises en charge à domicile, mobiliser les organisations les moins lourdes possibles, à qualité égale”, propose le rapport, qui détaille : “Chirurgie ambulatoire plutôt qu’hospitalisation complète, recours aux médecins de garde plutôt qu’aux services d’urgences, rééducation en ambulatoire lorsqu’un séjour en service de soins de suite et de réadaptation n’est pas nécessaire…”

Des freins à la complémentarité hôpitaux-médecins

Une évolution que réclament les hôpitaux publics. Ainsi, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, interpellait-il en avril dernier les candidats à la présidentielle dans les colonnes d’Acteurs publics : “L’hôpital de demain doit être hors les murs, travailler en amont avec les médecins de ville, qui doivent pouvoir rencontrer leurs patients hospitalisés. Il doit être considéré comme le point d’accroche en matière de santé dans chaque territoire.”

Mais cette nécessaire complémentarité entre hôpitaux et médecine de ville est freinée, regrette le rapport, par “l’absence de structures légères en ville capables de constituer une alternative aux organisations hospitalières pour offrir un certain nombre de services (petite urgence, éducation thérapeutique, bilans, etc.) et un relais structuré en amont et en aval de l’hospitalisation”. Maisons médicales, pôles et centres de santé pourraient permettre de dégager des marges financières, à condition qu’ils se mettent en œuvre dans le cadre de “modèles économiques efficients”.

Au-delà de cette réorganisation à l’échelle des territoires, l’assurance maladie propose par ailleurs :
  - une économie sur la logistique à l’hôpital, qui pourrait rapporter 210 millions d’euros en 2013 ;
  - une réduction du prix des médicaments génériques et un ajustement sur les tarifs de certains dispositifs médicaux, tels que les stimulateurs cardiaques (850 millions d’euros) ;
  - une plus grande maîtrise des prescriptions pour les médecins de ville (550 millions d’euros) ;
  - un développement de la télémédecine “lorsqu’il existe des gains en qualité et en efficience des soins”.

L’impact de ces mesures sur le régime général est chiffré à 1,896 milliard d’euros pour 2013, ce qui permettrait “une stabilisation du déficit” de la Sécurité sociale (14,7 milliards d’euros en 2012).

Sylvain Henry

Lire aussi : “Le déficit 202 de la Sécu sera plus important que prévu”

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