
http://www.acteurspublics.com/2012/07/24/communiquer-positif
Communiquer positif !

Plutôt que de communiquer sur les gains budgétaires, ce sont les avancées du service public qui doivent être mises en valeur. Tel est le sens de cette proposition, qui s'inscrit dans la série des 20 mesures proposées par Acteurs publics pour rénover l'action publique.
Si c’était un slogan politique simple et efficace, le “un sur deux” – comprendre le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique – s’est vite transformé en un boulet pour le gouvernement. Pas facile de mobilier les fonctionnaires en brandissant uniquement des suppressions de postes, même avec quelques primes à la clé. Quelle entreprise choisirait une telle formule pour motiver ses troupes ? Aucune. Avec cet objectif martelé, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) est devenue synonyme de coupes claires dans les effectifs et d’économies de bouts de chandelle. De quoi s’attirer les foudres des syndicats et susciter la méfiance de beaucoup de fonctionnaires, dont l’engagement est pourtant nécessaire au succès des réorganisations administratives.
Plutôt que de communiquer sur les gains budgétaires, ce sont les avancées du service public qui doivent être mises en valeur : simplification des démarches, délais réduits, nouveau service sur Internet, etc. Bien sûr, cela revient à fragmenter le message au lieu de le résumer en une formule choc et cela complique la tâche des communicants. Mais c’est le seul moyen d’éviter que la réforme de l’État soit toujours assimilée à un recul des services publics et à une manière de “pressurer” les fonctionnaires. La communication doit expliquer les progrès réalisés pour tous les Français et s’en servir comme levier pour motiver les agents publics. Un changement qui exige aussi une coopération plus étroite entre les services de communication de Matignon et des différents ministères.
Pierre-Alain Douay, délégué général de l’association Communication publique
“Le premier communicant, c'est l'agent du guichet”
“Oui à la communication positive, mais pas à la "communication bisounours" ! Le terme "positif" doit s'entendre au sens scientifique : la vérité des faits, la transparence des données, la clarification du contexte, l’attention aux effets, la mesure des résultats. Il appelle la communication publique à se concentrer sur les enjeux, à privilégier la durée et la continuité, à faire preuve d’objectivité et de pédagogie vis-à-vis des citoyens. En n’oubliant jamais que la meilleure manière de réaliser cette communication vraie est d'impliquer les fonctionnaires dans son élaboration et de leur donner une autonomie suffisante pour en être les messagers. Le premier communicant d'un ministère, d'une collectivité ou d'un hôpital, c'est l'agent du guichet ! Dès lors, la communication des administrations est intimement liée au management des personnels. Il faut donner à tous les agents les moyens de s'approprier leur métier et leur fonction, d'en comprendre les enjeux, d’en maîtriser les objectifs et d'installer un véritable dialogue avec les usagers. Autant d'impératifs qui nécessitent d’abord une relation de confiance entre les employeurs publics et leurs agents.”
Ce qui existe déjà
C’est traditionnellement le service d’information du gouvernement – le “SIG” dans le jargon – qui est chargé de coordonner la communication du gouvernement sur les réformes. Dans les faits, il manque parfois d’autorité sur les autres ministères et les conseillers en communication des ministres, même si des efforts de coopération ont été réalisés ces dernières années.
Les administrations mobilisées
Le service d’information du gouvernement (SIG) auprès du Premier ministre, les services de communication des ministères.













