Le 25/07/2012 dans Actualités > État
Spécial “réforme de l'État”

Promouvoir les managers

© Pierre Chabaud

© Pierre Chabaud

Dans la fonction publique, accéder à un poste de manager s’apparente beaucoup trop souvent à une course de haies. Dans le cadre de ses 20 mesures pour l'amélioration de l'action publique, Acteurs publics préconise de mettre en œuvre une gestion efficace des talents au plus haut niveau. Une idée développée par l'ancien haut fonctionnaire Yves Cannac (photo).
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Parce que les obstacles qui empêchent d’affecter le meilleur profil à chaque poste de responsabilité sont beaucoup trop nombreux, il paraît urgent de lever toutes les barrières qui freinent la promotion des hauts potentiels dans la fonction publique. Accéder à un poste de manager s’apparente beaucoup trop souvent à une course de haies. Au-delà de la double casquette aujourd’hui indispensable à tout décideur – qualités en matière de ressources humaines et compétences techniques pointues –, le chemin vers les fonctions de direction serpente entre obligations statutaires ou réglementaires et poids des corporatismes – notamment ceux des grands corps de l’État – et des mentalités. Autant de freins à l’examen d’un large éventail de candidatures, pourtant le gage du meilleur recrutement possible.

Aussi, la gestion centralisée du vivier des hauts potentiels, initiée sous l’égide du secrétariat général du gouvernement (SGG), doit être renforcée. Mais ce n’est qu’une réponse partielle. Il faut aller plus loin en favorisant les parcours professionnels des managers d’un versant de la fonction publique à l’autre, les missions de direction étant très similaires dans les hôpitaux, les collectivités et les ministères. Il faut aussi faciliter les allers-retours entre privé et public, aujourd’hui trop limités alors qu’ils sont une source d’enrichissement pour les cadres de l’administration. Porter efficacement les réformes suppose une gestion efficace des talents au plus haut niveau. C’est-à-dire de promouvoir les managers.

Yves Cannac, ancien haut fonctionnaire, puis chef d'entreprise
“Réduire les écarts de rémunérations”
“La priorité de la réforme doit être d’améliorer profondément le management public, aujourd’hui enfermé dans le bureaucratisme. À cette fin, il est capital de reconnaître aux responsables publics de tous niveaux hiérarchiques, en contrepartie de leurs responsabilités, de larges libertés de gestion et une vraie capacité d’initiative. Et en même temps de développer et de valoriser pleinement leurs compétences managériales. La mobilité entre les trois fonctions publiques et entre les différentes administrations doit être fortement facilitée pour tous les agents, et pas seulement pour les plus hauts potentiels. Cela suppose notamment de réduire progressivement, à niveau hiérarchique égal, les écarts de rémunérations entre administrations. La réforme proposée n’atteindra ses objectifs que si, parallèlement, les procédures de sélection des responsables sont rendues tout à fait transparentes et équitables, dans un esprit de compétition ouverte.”

Ce qui existe déjà
Depuis cinq ans, les administrations ont développé des formations sur mesure pour les hauts potentiels, à l’image de l’École de la modernisation de l’État, lancée en 2010 par la direction générale de la modernisation de l’État. Des initiatives sont également menées aux ministères de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice. La Chancellerie a récemment inauguré son cycle supérieur d’administration de la justice, ouvert aux futurs chefs de juridiction.

Les administrations concernées
Le secrétariat général du gouvernement (SGG), la direction générale de l’administration de la fonction publique (DGAFP)

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