
http://www.acteurspublics.com/2012/07/26/la-souris-plutot-que-la-queue
La souris plutôt que la queue

Lancé en 2009, le portail Mon.service-public.fr est censé centraliser les démarches en ligne pour les usagers. Mais c'est loin d'être encore le cas. Acteurs publics suggère, dans le cadre de ses 20 propositions pour rénover l'action publique, de poursuivre l'harmonisation pour assurer la transition numérique. Sans pour autant faire de Mon.service-public.fr un dispositif hégémonique, nuance Jacques-François Marchandise (photo), de la Fondation pour l'Internet nouvelle génération.
Lire aussi :
14. Différencier les usagers
15. Partager les outils pour plus d'économies
16. Une commande publique d'intérêt général
Faciliter l’accès des Français aux services publics en ligne en créant un point d’entrée unique et personnalisé est l’objectif qui a guidé depuis 2009 le portail Mon.service-public.fr. Trois ans après, nombreuses sont les applications qui permettent d’accomplir plusieurs démarches, grâce à un compte personnalisé, le tout de manière sécurisée. Mais il faut aller plus loin, plus vite, pour enfin intégrer toutes les démarches en ligne qui aujourd’hui coexistent encore avec Mon.service-public.fr tout en développant l’assistance par mail et téléphone pour les citoyens les moins à l’aise avec les technologies de l’information.
La marge de progression est grande. Nombreux sont les sites Internet locaux, développés par les collectivités, qui offrent en parallèle de Mon.service-public.fr leurs propres services en ligne. Les préfectures et sous-préfectures développent parallèlement aux directions des services déconcentrés des accès en ligne pour certains services, tout comme nombre d’organismes sociaux. Par souci d’efficacité et d’économies, une centralisation des services sur Internet doit être menée, accompagnée d’une limitation de l’accès au guichet. Pour faciliter cette transition vers le numérique, des mesures incitatives pourraient être imaginées, à l’image des petites réductions d’impôts prévues pour les déclarations en ligne des revenus qui séduisent année après année un nombre croissant de contribuables. Et soulagent d’autant l’accueil des centres des impôts.
Jacques-François Marchandise, Fondation pour l’Internet nouvelle génération (Fing)
“Cohérence ne signifie pas recentralisation”
“La montée en qualité et en efficacité des services publics ne passera pas par la seule « substitution numérique ». La plupart des usagers vont continuer à combiner les canaux et les points d’entrée. Il est en revanche utile que des accès diversifiés soient mis en cohérence, notamment autour de la fédération d’identités que propose Mon.service-public.fr et de la mutualisation qu’un tel dispositif permet. Cohérence ne signifie pas recentralisation : les acteurs de l’administration sont hétérogènes et le resteront, les identifiants seront durablement gérés de façon séparée dans le respect des libertés. C’est une logique portative plus qu’hégémonique qui pourrait prévaloir dans le développement futur de Mon.service-public.fr. Hors de question de dire à la caisse d’allocations vieillesse ou à telle mairie que tous leurs services doivent être mis en ligne dans un portail géant Mon.service-public.fr. Aussi, Mon.service-public.fr peut-il être envisagé comme une sorte de porte-clé numérique que de très nombreux sites publics peuvent intégrer, dans une diffusion beaucoup plus large qu’aujourd’hui, et qui développe leurs fonctionnalités et les capacités de l’usager.”
Ce qui existe déjà
Lancé en 2009, le site Mon.service-public.fr permet de se connecter via un point d’entrée unique à une cinquantaine de services en ligne. L’usager peut y suivre l’état d’avancement de ses démarches et dispose d’un espace où il peut stocker ses données personnelles. Quelque 2,5 millions d’usagers ont ouvert un compte sur ce portail.
Les administrations concernées
Les administrations locales et nationales qui ne sont pas encore raccordées à Mon.service-public.fr.













