Partager les outils pour plus d’économies

26 juil. 2012, PAR Acteurs Publics
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Les portails de service en ligne commun à plusieurs administrations sont trop rares. L'État et les collectivités gèrent séparément un nombre incalculable de sites Internet et mobilisent d'énormes ressources pour en assurer le développement et la maintenance. Des économies sont possibles. Acteurs publics en fait le pari dans cette proposition visant à partager les outils informatiques, l'une des 20 mesures pour rénover l'action publique.


En matière de services en ligne, Mon.service-public.fr est un peu l’exception. L’arbre qui cache une forêt de sites Internet requérant la présence d’équipes techniques conséquentes, l’achat de serveurs informatiques, pour faire tourner, gérer et mettre à jour les milliers de sites Web de l’ensemble de la sphère publique. Les ministères, les établissements publics et les collectivités gèrent ainsi chacun dans leur coin avec leurs équipes leurs propres services informatiques, mais sans stratégie commune. Or, par sa taille, l’État et, au-delà, l’ensemble du secteur public recèlent un important potentiel d’économies par le partage d’outils informatiques qui répondent à des besoins communs.

En matière de messagerie par exemple, une messagerie commune pourrait répondre à la quasi-totalité des besoins pour un coût bien moindre qu’aujourd’hui. De même, une plate-forme technique commune aux sites Internet des collectivités territoriales pour tous les services qui sont définis par la loi, comme c’est le cas concernant tout ce qui touche à l’état civil, permettrait des économies importantes. Une telle mise en commun ne signifierait pas l’abandon de la décentralisation. Les maires et leurs équipes garderaient la main sur la charte graphique ou le contenu éditorial par exemple.

Jean-Baptiste Roger, directeur de la Fonderie, l’agence numérique régionale d’Île-de-France
“On fabrique mieux les choses à plusieurs”
“La priorité immédiate, c’est d’abord que les données publiques soient le plus accessibles et interopérables possible pour pouvoir être réutilisées. Il faut encourager la fluidité de circulation des « datas ». Il y a encore de la marge dans ce domaine, malgré l’apparition d’Etalab et la politique d’open data menée par certaines collectivités. Si l’on parle de marchés publics par exemple, des plates-formes d’achat communes existent, mais il faut aller plus loin, et pourquoi pas mettre les données relatives à la commande publique en commun pour pouvoir les réutiliser. Cela démultiplierait les moyens de « faire savoir » et faciliterait sans aucun doute un Small Business Act à la française. Cette ouverture des données nécessite que l’on repense les manières de travailler des fonctionnaires en leur inculquant l’idée que ce qu’ils produisent devra circuler. De la même manière, on pourrait aussi intégrer une démarche open source dans la conception même des outils. On fabrique mieux les choses à plusieurs. Et cette stratégie dans laquelle chacun apporte sa pierre est aussi un moyen de diviser les coûts entre les acteurs.”

Ce qui existe déjà
Hormis les plates-formes d’achats mises en place dans certaines collectivités comme en Île-de-France ou dans l’Oise, les conseils régionaux ont aussi initié la mise en place d’environnements numériques de travail (ENT) open source. Portails de services en ligne, ces espaces offrent un point d’accès unique où les enseignants, les élèves et les personnels de l’établissement peuvent trouver les informations et services en rapport avec leurs activités éducatives et associant les rectorats.

Les administrations concernées
- L’ensemble des ministères et des collectivités locales
- Le service d’information du gouvernement (SIG)
- La direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic)