
http://www.acteurspublics.com/2012/07/26/une-commande-publique-d-interet-general-1
Une commande publique d'intérêt général

Aujourd’hui, il manque une véritable gouvernance unifiée au sein de l’administration en matière d'achat public, estime Alain Alleaume, expert en achats publics, qui commente l'une des propositions faite par Acteurs publics dans le cadre de notre série sur les 20 mesures pour rénover l'action publique, portant sur le renforcement de la compétence “achat”.
Améliorer la performance des achats en définissant de vraies stratégies, mesurer cette performance en mettant en place les outils pour l’améliorer, assurer une veille et une recherche permanente de solutions innovantes auprès des prestataires ou encore intégrer la dimension de développement durable et d’insertion sociale dans les achats réalisés. Autant de missions qui devraient être le lot quotidien des spécialistes “achats-marchés publics” dans les administrations. Malheureusement, ces acheteurs professionnels sont encore trop peu nombreux et le métier tarde véritablement à émerger dans la sphère publique. À de rares exceptions près, les fonctionnaires en charge des marchés et des achats ont trop souvent une vision juridique des achats et sont hantés par la crainte de transgresser la réglementation. Les achats publics sont handicapés par des procédures lourdes et complexes, qui allongent les délais et qui ne favorisent pas in fine la sélection du mieux-disant.
Il est donc urgent de reconnaître le métier d’acheteur et d’affirmer plus distinctement son rôle par rapport à celui du juriste pour que les textes réglementaires soient mis au service de l’efficacité de la fonction d’acheteur. Parmi les évolutions qu’il faudrait faire passer en priorité, figurent aussi la systématisation de l’audition des candidats pour les prestations intellectuelles (dont il est difficile de juger la qualité sur la base d’un dossier papier uniquement) et le référencement systématique des fournisseurs pour une gestion proactive.
Alain Alleaume,enseignant et directeur du cabinet de conseil en achat Altaris
“Les acheteurs publics ne sont pas en mesure d’analyser toutes les offres”
“En termes d’organisation de la fonction achat, je pense que l’on ne peut pas mettre sur le même plan les marchés de travaux, les prestations de services ou de conseils. Selon les marchés, la complexité n’est pas la même et l’on ne traite pas de la même manière avec des fournisseurs de dimension locale ou internationale. Mais aujourd’hui, il manque une véritable gouvernance unifiée au sein de l’administration, malgré l’avancée permise par le service des achats de l’État. Cette division profite au fournisseur, qui peut fixer des tarifs extrêmement variables selon l’administration contractante. Les contrats-cadres sont encore trop rares. Et les acheteurs publics, submergés de dossiers de candidatures, ne sont pas en capacité d’analyser finement toutes les offres et ne sélectionnent pas forcément le mieux-disant. Afin de renforcer l’efficacité de l’achat public, il conviendrait de réduire le poids du juridique et de renforcer la compétence “métier” des achats. La connaissance des marchés fournisseurs et la capacité à engager un dialogue préalablement à toute mise en concurrence est un des éléments clés d’optimisation des besoins de la puissance publique en regard de la capacité des fournisseurs à être force de proposition.”
Ce qui existe déjà
L’État s’est engagé à économiser 1 milliard d’euros d’ici 2013 sur ses achats. La réforme du service des achats de l’État, orienté vers une stratégie de performance, a permis d’ores et déjà une économie de près de 500 millions d’euros. Et nombreuses sont les clauses sociales à être inscrites dans les marchés publics.
Les administrations concernées
- Les directions des achats et services généraux des ministères et des établissements publics
- Le service des achats de l’État (SAE)













