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Les jours de l’Hadopi semblent comptés

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, estime que la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), créée par Nicolas Sarkozy en 2010, “n’a pas rempli sa mission”. Le budget du gendarme du Web devrait être fortement revu à la baisse en septembre.
“Si je ne sais pas ce que deviendra cette institution, une chose est claire: l’Hadopi n’a pas rempli sa mission de développement de l’offre légale.” Tel est le constat sans appel de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, dans une interview accordée début août au Nouvel Observateur, laissant présager quelques prochains bouleversements au sein de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet. “Je préfère réduire le financement de choses dont l’utilité n’est pas avérée, insiste la ministre. 12 millions d’euros annuels et 60 agents, c’est cher pour envoyer 1 million d’e-mails.”
Le budget du “gendarme du Web”, lancé en 2010 pour organiser la réponse graduée contre le téléchargement illégal et placé sous la tutelle du ministère de la Culture, devrait être revu à la baisse dès septembre, sans même attendre les conclusions de la mission confiée à Pierre Lescure sur la culture face aux enjeux du numérique, prévues pour mars 2013. “Dans le cadre d’efforts budgétaires, je vais demander que les crédits de fonctionnement de l’Hadopi soient largement réduits pour l’année 2012”, annonce la ministre.
Un enjeu de la dernière présidentielle
Le débat sur l’efficacité de la haute autorité s’était invité dans la campagne présidentielle. En début d’année, Nicolas Sarkozy, alors à l’Élysée, avait salué son action : “Grâce au succès de la réponse graduée, qui se diffuse largement à l’étranger, la France dispose d’une crédibilité très forte pour aborder avec ses partenaires européens et internationaux les prochains enjeux de l’économie de la culture.”
De son côté, François Hollande estimait nécessaire de “repenser” la loi Hadopi, qui “a couté cher sans permettre la transition des industries créatives vers le numérique”. “Je ne pense pas, affirmait le futur président de la République, que la seule répression soit la réponse au problème posé ni que le système imaginé, par sa complexité et les questions qu’il soulève en matière de protection de la vie privée, soit le bon.” L’avenir de l’Hadopi semble aujourd’hui clairement menacé.
Lire aussi :
- “L’Hadopi s’invite dans le duel Sarkozy-Hollande” (mars 2012)
- “Hadopi, le gendarme du Web” (septembre 2010)













