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Politique de la ville : une nouvelle géographie “prioritaire”

Le ministre délégué à la Ville, François Lamy (photo), veut simplifier et concentrer les interventions publiques sur les territoires “qui en ont le plus besoin”. Une nouvelle “géographie prioritaire” sera mise en place début 2013, a-t-il annoncé au Conseil des ministres du 22 août.

Simplifier les zonages et concentrer les interventions publiques sur les territoires “qui en ont le plus besoin”. Telle est la ligne directrice de la nouvelle politique de la ville, dont la feuille de route a été présentée mercredi 22 août en Conseil des ministres (cliquez ici pour lire le compte rendu du Conseil). “La réforme de la géographie prioritaire de la politique de la ville, repoussée par la majorité sortante, sera menée à bien au premier semestre 2013”, a précisé François Lamy, le ministre délégué à la Ville. Prévue en 2009, la réforme dessinée par Fadela Amara, alors secrétaire d’État chargée de la Politique de la ville, avait été repoussée à 2014.

Un rapport de la Cour des comptes publié en juillet se montrait très réservé sur la poursuite du programme national de rénovation urbaine (PNRU). Quelque 40 milliards d’euros d’investissements sur la période 2004-2013 auront été déployés, dont 12 milliards de subventions à l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), chargée de son exécution.

Pour une efficacité relative, à en croire les critiques qui se sont multipliées ces deux dernières années. “Non seulement le chevauchement des zonages complique l’évaluation des actions menées, mais il constitue un frein à l’efficacité des administrations parce que chacun concentre ses moyens sur un périmètre différent”, observait en 2011 Bernadette Malgorn, conseillère régionale UMP de Bretagne et conseillère maître à la Cour des comptes. Les zones urbaines sensibles (ZUS) se distinguent des zones franches urbaines, qui ne correspondent pas aux zones d’éducation prioritaire…

Le programme de rénovation urbaine mené à terme

Plus récemment, un avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) jugeait la politique de la ville “trop fragmentée”, même si le travail de requalification des quartiers a porté ses fruits. La politique de la ville version Ayrault-Lamy devrait donc simplifier et concentrer les aides. Quitte à écarter certaines communes bénéficiant aujourd’hui des différents dispositifs ?

La nouvelle étape fera l’objet d’une “concertation opérationnelle” entre octobre et décembre 2012, promet François Lamy, avant un projet de loi élaboré lors d’un comité interministériel des villes début 2013. Des conventions seront passées entre le ministère de la Ville et l’ensemble des autres ministères pour fixer “les objectifs et les engagements, notamment financiers”. Par ailleurs, quelque 150 000 emplois d’avenir seront créés pour des jeunes peu ou pas qualifiés issus des quartiers difficiles.

Enfin, le gouvernement mènera à terme les actions déjà initiées en matière de renouvellement urbain et de désenclavement des quartiers. À condition de trouver des financements.

Sylvain Henry

 

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