Le 29/08/2012 dans Actualités > État
Éducation

Vincent Peillon multiplie les gestes en faveur des enseignants

© Witt/SIPA

© Witt/SIPA

Le ministre de l’Éducation nationale est revenu en Conseil des ministres sur les moyens humains qui seront affectés à la rentrée dans les écoles, marquant ainsi la rupture avec le gouvernement précédent. Et en attendant d’autres mesures sur la formation et l’évaluation, qui seront issues de la concertation sur la “refondation de l’école”.

Créations de postes, formation, évaluation… Il flotte comme un parfum de changement pour le monde enseignant à l’approche de la rentrée, qui aura lieu lundi 3 septembre pour les profs. “Depuis notre arrivée, beaucoup de choses se sont produites, à plusieurs niveaux”, a ainsi souligné le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, lors d’une conférence de presse commune avec sa ministre déléguée à la Réussite éducative, George Pau-Langevin, organisée ce 29 août (photo). Pour preuve, alors que 14 000 suppressions de postes étaient prévues sous l’ancienne majorité, dont 5 700 en primaire, le recrutement, promis par François Hollande, de 1 000 postes de professeurs des écoles permettra de donner un peu d’air aux établissements.

Dans le détail, 182 emplois sont consacrés au renforcement des moyens de remplacement et 148 sont attribués à des dispositifs permettant d’aider les élèves en difficulté. Et ce n’est pas tout : 100 emplois de conseillers principaux d’éducation, 2 000 emplois d’assistants d’éducation et 500 d’assistants de prévention et de sécurité, qui seront formés spécifiquement pour ces missions, viendront également prêter main forte aux chefs d’établissement en plus des enseignants supplémentaires annoncés.

L’enseignement agricole n’est pas oublié puisqu’il bénéficie également de 110 emplois supplémentaires affectés dans les établissements où les plus grandes difficultés ont été identifiées. Enfin, 1 500 auxiliaires de vie scolaire individuels supplémentaires sont prévus pour mieux accompagner la scolarisation des enfants en situation de handicap. “Ces moyens, conjugués à l’investissement et au professionnalisme de tous les personnels, permettent de faire en sorte que cette rentrée s’opère dans de meilleures conditions”, a insisté Vincent Peillon en Conseil des ministres.

22 100 postes ouverts en 2013

Le temps du “un sur deux”, qui consistait à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, semble avoir vécu à l’école. Lundi 27 août, lors de l’accueil des professeurs débutants de collège et de lycée de l’académie de Créteil (Val-de-Marne), le ministre avait annoncé que dès l’année prochaine, « il y [aurait] la fin de cette hémorragie que la droite avait mise en place grâce au renouvellement de tous ceux qui partent à la retraite en dehors des nouveaux postes créés ». Et d’annoncer dans la foulée que 22 100 postes seraient ouverts au prochain concours externe des professeurs, contre 15 700 en 2012. Dès 2013 et jusqu’en 2015, des emplois d’avenir dans la catégorie “professeur” seront proposés à 6 000 étudiants par an pour une durée de trois ans.

Tout en affectant des moyens humains supplémentaires à l’école, le ministre souhaite aussi revoir le volet formation des futurs professeurs. Toujours lors de son discours du 27 août, véritable charge contre le gouvernement précédent, Vincent Peillon n’a pas manqué de critiquer la réforme de la “mastérisation” : on “a rendu les choses tellement plus difficiles”, a-t-il estimé. Cette réforme s’est traduite par la suppression de l’année de stage des professeurs débutants et par le relèvement du recrutement à bac + 5, rendant les études plus longues et coûteuses.

Rattrapage

Pour aider les élèves en difficulté à préparer le concours d’enseignant, le ministre a prévu d’attribuer dès le mois de janvier prochain une bourse à 6 000 élèves en deuxième année de licence. Et en attendant la remise sur pied d’une formation initiale des enseignants, les profs débutants bénéficieront cette année d’une décharge de trois heures de cours par semaine afin de recevoir 36 journées de formation. “Si quelqu’un pense que c’est insuffisant, c’est bien moi”, a souligné Vincent Peillon, promettant un “rattrapage” sous forme de formation continue pour les trois générations de professeurs “sacrifiés” par la réforme de la mastérisation de 2010.

Le volet formation contenu dans la loi qui sera issue de la concertation sur l’école en cours devrait comporter un autre chapitre portant sur un sujet sensible : l’évaluation. En effet, le décret réformant l’évaluation des enseignants, très critiqué par les syndicats et publié in extremis par le gouvernement de droite au lendemain de la victoire de François Hollande, a été abrogé le 27 août, selon le Journal officiel. Ce décret avait été publié par l’ancien ministre de l’Éducation, Luc Chatel, malgré l’opposition massive des syndicats – qui avaient organisé des grèves le 15 décembre 2011 et le 31 janvier 2012. Les syndicats craignaient que le nouvel entretien unique prévu ait un impact négatif sur leur carrière, notamment sur leur salaire. Ils dénonçaient également un texte qui, touchant au cœur même du métier, conduisait, selon eux, à une gestion “managériale” de leur profession.

Xavier Sidaner

Tags associés : bourse, évaluation, masterisation
Biographies associées
blog comments powered by Disqus
Désormais votre identifiant est votre e-mail

Mot de passe oublié ?
  La fréquentation de acteurspublics.com est certifiée par l'OJD