Le 19/09/2012 dans Actualités > État
Matignon

La com' du gouvernement auditée par la Cour des comptes

© Antoine Antoniol/SIPA

© Antoine Antoniol/SIPA

La Cour des comptes s’est penchée sur l’organisation du service d’information du gouvernement (SIG). Elle s’alarme du fort turn-over des directeurs, qui empêche que ceux-ci participent pleinement à l’élaboration de la stratégie de communication.

Les jours du service d’information du gouvernement (SIG) sont-ils comptés ? En tout cas, “la question du maintien d’un service dédié à la communication gouvernementale peut être posée, au vu du positionnement actuel du service, des pratiques étrangères et, surtout, des dysfonctionnements observés par le passé”, note la Cour des comptes dans un rapport consacré à ce service.

Chargé au quotidien d’informer le gouvernement sur l’état de l’opinion et d’informer le citoyen sur l’action gouvernementale, le SIG, en tant que service du Premier ministre, est par définition dans une situation délicate et sensible, en raison des risques de confusion entre la communication gouvernementale et la communication politique partisane. D’ailleurs, des dérives constatées antérieurement par la Cour sur les sondages d’opinion et sur les marchés passés pour réaliser ces sondages sont là pour le rappeler. Néanmoins, la Cour refuse d’envisager des solutions extrêmes, comme par exemple la création d’une structure plus légère, plus proche de l’ancien service d’information et de diffusion (SID). Une solution qui imposerait, pour la Cour, que des missions “soient reprises par d’autres ministères” ou “externalisées”.

Hors de question pour les magistrats de la Rue Cambon, convaincus que “certaines missions ne peuvent être réalisées que par une administration qui s’inscrit dans la durée et non par une entité relevant exclusivement du cabinet du Premier ministre, dont l’action est rythmée par l’actualité, voire l’urgence”. Si le SIG doit être maintenu et répondre efficacement aux attentes dont il fait actuellement l’objet, il est nécessaire de le rendre plus fort et pour cela, de “surmonter quelques difficultés”.

Poids de la masse salariale

Il faut, très en amont, que “l’action gouvernementale et l’action de l’État [soient] accompagnées par une stratégie de communication interministérielle claire”, insiste la Cour, qui attribue au Premier ministre le soin de définir cette stratégie. Matignon doit pouvoir compter sur le SIG, qui doit être force de proposition dans ce sens, “grâce à son expertise et sa connaissance du réseau des communicants publics”, insiste encore la Cour.

Encore faudrait-il que le SIG ne change pas de tête trop souvent. Pour la Cour, “la succession rapide des directeurs n’est pas de nature, en l’espèce, à [...] permettre à la direction du SIG de participer pleinement à l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de communication du gouvernement au-delà des actions ponctuelles”. La durée des fonctions à la tête du SIG n’a jusqu’à présent guère excédé deux ans et demi et trois directeurs seulement ont exercé pendant plus de trois ans.

À l’inverse, les contractuels, recrutés en fonction de leurs profils techniques “rares” ont tendance à durer. Mais un peu trop. La Cour pointe à ce propos des CDD transformés en CDI et partant, “une grande ancienneté dans le même poste (plus de dix ans) de plusieurs agents, notamment au sein de l’encadrement intermédiaire”. “Si l’expertise des agents concernés n’est pas toujours contestée, force est de constater que leur absence de mobilité peut constituer un frein au changement”, poursuit la Cour. Et s’avérer coûteuse. Les rémunérations des agents d’encadrement qui représentent près d’un tiers du personnel, atteignent près de 60 % de la masse salariale du SIG en 2011.

Sans attendre, la Cour demande de “mettre fin à cette situation dans le respect des droits des personnels”. Elle attend plus généralement que le SIG publie tous les ans un rapport d’activité “détaillé”, comme preuve de transparence sur sa gestion.

Xavier Sidaner

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