
http://www.acteurspublics.com/2012/10/30/les-francais-ne-croient-pas-aux-3-de-deficits-fin-2013
Les Français ne croient pas aux 3 % de déficits fin 2013

Près de 8 personnes sur 10 interrogées par l’Ifop pour Acteurs publics ne pensent pas que l’objectif du gouvernement de ramener les déficits publics à 3 % du PIB sera atteint fin 2013. À peine 36 % des Français souhaitent réduire davantage les dépenses de l’État pour y parvenir. Défense et Quai d’Orsay sont les ministères qui doivent faire le plus d’efforts.
Dans la perspective de l’élaboration et du vote du budget pour l’année prochaine, le gouvernement a annoncé un effort budgétaire de 30 milliards d’euros, un engagement inscrit dans le projet de loi de finances pour 2013 et annoncé par le président de la République le 9 septembre dernier. 20 milliards d’euros seront levés sous forme d’impôts, répartis à parts égales entre les entreprises et les ménages, l’État devant économiser les 10 milliards d’euros restants.
Face à cette annonce, l’opinion adopte une posture plutôt réaliste, voire résignée. En effet, près des deux tiers des Français interrogés dans le cadre de la nouvelle vague d’enquête de l’Observatoire des politiques publiques Ifop-Acteurs publics se déclarent satisfaits d’un tel effort dans la mesure où il leur paraît difficile de faire davantage sans rogner sur la qualité des services publics et ralentir une économie déjà fragile (64 %). À l’inverse, plus du tiers (36 %) des interviewés juge cet engagement insatisfaisant, notamment dans l’optique d’atteindre l’objectif fixé de 3 % de déficit des comptes publics.
Fragilisation
Conscients que le fait de réduire davantage les dépenses de l’État, au-delà des 10 milliards souhaités, aura des conséquences sur d’autres aspects de la vie publique, plus des trois quarts des Français se révèlent dans le même temps assez sceptiques quant à l’atteinte de l’objectif de ramener le déficit public à 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici fin 2013 (78 %, dont 23 % qui considèrent même que cet objectif ne sera “certainement pas” atteint). On voit peut-être là un élément de fragilisation de l’effort conséquent demandé aux Français. Celui-ci, à défaut d’être soutenu, est accepté, voire intériorisé. Toutefois, la finalité de cet effort n’est pas bien perçue puisque, selon les personnes interrogés, il n’impactera pas positivement l’autre grand objectif du gouvernement : ramener le déficit public à 3 % du PIB.
Lorsqu’on leur demande quels ministères devraient réaliser le plus d’économies, les Français en désignent trois principalement, avec des scores assez proches les uns des autres (37 % à 40 % de citations “au total”) : le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Défense et le ministère de l’Économie et des Finances. Dans un contexte où le retrait des troupes françaises d’Afghanistan est régulièrement évoqué via le prisme financier, mettant en avant le coût de ces opérations, la désignation de ce ministère comme étant l’un des plus à même de devoir faire des économies apparaît peu surprenante. La désignation du ministère des Affaires étrangères, dont l’action a peu d’impacts directs sur le quotidien des Français – du moins dans les perceptions de l’opinion – apparaît également assez logique.
Lignes rouges
Si ces trois ministères concentrent l’essentiel des attentes des Français en matière d’économies à réaliser, il convient de relever qu’à l’opposé, certains domaines d’action apparaissent exemptés, notamment par la nécessité d’y allouer des moyens financiers conséquents, à l’image de la Justice, de l’Éducation nationale, des Affaires sociales et de la Santé ou encore de l’Intérieur. Pour ces quatre ministères, seuls 5 à 15 % des Français perçoivent des possibilités de réduction des dépenses. Cette hiérarchie de “bas de tableau” dessine en creux les attentes de l’opinion publique. La nécessité de réaliser des économies se heurte à deux lignes rouges : le régalien (justice et sécurité), ainsi que les domaines ministériels intervenant le plus dans le quotidien des Français (santé et école).
Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, directeur du pôle “Opinion et stratégies d’entreprise”
Adeline Merceron, directrice d’études au département “Opinion et stratégies d’entreprise”
Sondage réalisé par l’Ifop pour Acteurs publics auprès d’un échantillon de 995 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing) du 17 au 22 octobre 2012.


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