L’OCDE prône “une échelle métropolitaine adéquate”

6 déc. 2013, PAR Admin admin
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Dans un rapport rendu public le 5 décembre, l’OCDE recommande la création d’“une échelle métropolitaine adéquate” pour que la métropole Aix-Marseille, “l’une des plus inégalitaires de France”, puisse relever “les enjeux liés au développement économique, aux transports et à l’environnement”.


Troisième agglomération française en termes de population et de contribution au PIB national, Aix-Marseille a connu une croissance économique élevée dans les années 2000, mais garde un taux de chômage important et voit sa position stratégique menacée, selon l’étude de l’OCDE sur la métropole publiée le 5 décembre [cliquez ici pour accéder à l’étude].

Aix-Marseille a notamment enregistré la deuxième plus forte croissance de l’emploi des métropoles européennes entre 2000 et 2012 (2,1 % par an). Mais cette progression “n’a pas permis de faire suffisamment baisser le taux de chômage (...), qui reste élevé”, à 9,8 % dans le bassin d’Aix, et à 13,3 % dans celui de Marseille-Aubagne au deuxième trimestre 2013.

Une métropole inégalitaire

Par ailleurs, la “position stratégique” de la métropole est “également menacée”, le port de Marseille-Fos ayant cédé du terrain face à ceux de Gênes et de Barcelone. Mais, note l’OCDE, “les défis les plus importants ne viennent pas tant de l’extérieur (...) que de l’intérieur”. Car Aix-Marseille est “l’une des métropoles les plus inégalitaires de France, que ce soit en matière de revenus, d’accès à l’emploi ou d’éducation”. De plus, “comme la plupart des métropoles françaises”, elle “fait partie des zones urbaines les plus fragmentées sur le plan de la gouvernance”.

Le rapport prône donc “une échelle métropolitaine adéquate”, dont le projet de loi sur les métropoles en cours d’élaboration n’est qu’“une première étape”. “La future métropole devra montrer qu’elle apporte une réelle valeur ajoutée et qu’elle résout des problèmes demeurés jusque-là sans réponse”, souligne l’OCDE.

Parmi les problèmes, l’organisation cite des “transports publics particulièrement peu développés entre les différents pôles de la métropole”. Par exemple, “environ 77 % de la population hors Marseille n’a aucun accès aux transports publics”. De manière générale, “le niveau d’insécurité, la pollution, l’accès aux services, le prix moyen des logements et la congestion automobile contribuent à pénaliser la métropole”, estime l’organisation.

“Le rapport est une feuille de route” 

L’étude a été publiée à l’occasion de la réunion ministérielle du comité des politiques de développement territorial de l’OCDE, qui s’est tenue les 5 et 6 décembre à Marseille en présence de la ministre de la Réforme de l’État, Marylise Lebranchu.

“Le gouvernement a fait le même constat”, a commenté la ministre lors de la présentation du rapport. “J’entends vos propositions, elles rejoignent celles que j’ai faites”, a-t-elle dit en insistant sur la nécessité de “conférer au niveau métropolitain des compétences stratégiques”, notamment en matière de transports et de programmation du développement économique.

“Les institutions, on les a votées, maintenant il faut faire vivre le projet”, a dit Marylise Lebranchu en précisant qu’il serait dommage pour Aix-Marseille de ne pas “aller assez vite”. “Tant pis pour Barcelone, tant pis pour Gênes”, a-t-elle plaisanté. “Le rapport est une feuille de route”, a déclaré Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE, en promettant que l’organisation serait “partenaire” dans la construction de la métropole.

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