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Le déménagement du ministère de la Défense évalué à 16 millions d’euros

16 juin 2014, PAR Xavier Sidaner
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© Lionel Le Saux/SIPA

L’installation des services centraux du ministère de la Défense sur le site unique de Balard débutera dans neuf mois, a indiqué Jean-Paul Bodin, le secrétaire général pour l’administration, lors de sa récente audition à l’Assemblée. Il s’attend à un déménagement “très lourd”.


Le “Pentagone à la française”, sur le site de Balard, dans le 15e arrondissement de Paris, devrait accueillir ses premiers occupants dans neuf mois. “Tous les travaux de gros œuvre sont terminés”, a indiqué aux députés de la commission de la défense, Jean-Paul Bodin, le secrétaire général pour l’administration, lors de son audition le 4 juin. S’autorisant une petite visite de terrain, la veille, il a pu lui-même constater que “les travaux progressent très vite”.

D’un coût de 4,3 milliards d’euros, le Pentagone à la française, d’une surface de 270 000 mètres carrés, doit héberger à terme 9 300 agents des états-majors et directions centrales du ministère.

Le compte à rebours est donc lancé pour que tout se passe au mieux, selon un calendrier bien arrêté.

Les déménagements commenceront début mars 2015 et s’organiseront à la fois en prenant en compte les services qui restent en région parisienne et ceux qui partent en province”, a expliqué le secrétaire général, dont les propres services déménageront entre le mois de mars et l’été 2015.

À cette période, la direction du personnel militaire de la Marine quittera, avec son état-major, l’hôtel de la Marine et rejoindra directement Tours, où sont déjà installées les directions des ressources humaines de l’armée de terre et de l’armée de l’air.

Il faut planifier l’ensemble de ces mouvements, en tenant compte à la fois des capacités d’accueil à Balard, de la libération des sites, mais aussi de l’accueil sur d’autres sites, y compris des sites extérieurs à la région parisienne”, a expliqué le haut fonctionnaire.

100 personnes par jour

À terme, le ministère devrait être implanté sur deux sites : Balard et Arcueil. En attendant, il faut organiser la logistique. Et ce n’est pas une mince affaire… “Sept commissions techniques ont été mises en place pour travailler sur les aspects fonctionnels et la préparation du déménagement”, a indiqué à ce titre Jean-Paul Bodin, qui s’attend à un déménagement “très lourd”.

Le programme de déménagement est spécifiquement piloté en conséquence par le service parisien de soutien de l’administration centrale (SPAC). Un comité de pilotage a été mis en place, ainsi qu’un groupe de travail “déménagement”. “Au moment du déménagement, il y aura un PC « déménagement » à Balard pour commander la manœuvre”, a complété le secrétaire général.

Le rythme de déménagement serait d’environ 100 personnes par jour pour les organismes complexes. Les déménagements auront lieu entre 8 heures et 18 heures, voire la nuit et le week-end pour les “hautes autorités”, un traitement particulier étant réservé aux services ayant de fortes exigences en matière de systèmes d’informations.

Pas de mobilier ostentatoire

Pour ce déménagement, un certain nombre de marchés sont prévus, pour un montant “d’une dizaine de millions” d’euros, a mentionné le secrétaire général. À cette somme, il convient d’ajouter “autour de 6 millions d’euros supplémentaires”, pour des “dépenses diverses”. Le déménagement, le tri des placards entiers d’archives, le démantèlement des installations techniques, font partie de ces dépenses mentionnées par le secrétaire général, tout comme la restitution des œuvres d’art au Mobilier national.

On ne peut pas laisser au mur des œuvres qui sont liées à l’histoire du ministère” concède-t-il. Cela ferait sans doute mauvais effet, alors même que “les soldats sont obligés, avec des bouts de planches, de chevrons, des vis et des clous, de se faire des planchers pour passer la saison des pluies sans avoir les pieds dans l’eau”, a fait remarquer le député Yves Fromion (UMP). “Le maximum a donc été fait pour éviter les installations tapageuses ou somptuaires ; le mobilier n’est pas non plus ostentatoire”, a précisé Jean-Paul Bodin, pour qui “il faudra malgré tout être très attentif à cet aspect”.