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L’offensive numérique de Thierry Mandon pour réformer l’État

19 sept. 2014, PAR Raphaël Moreaux
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Le secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, Thierry Mandon, et Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du Numérique. - © Witt/SIPA

Communication en Conseil des ministres, déplacement à la rencontre de start-up, structuration des acteurs de la donnée publique… Le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification a multiplié cette semaine les annonces sur la “transformation numérique” des administrations. Un secteur sur lequel les attentes sont nombreuses. 


On y voit désormais un peu plus clair dans l’immense chantier que compte mener l’exécutif pour adapter l’État et ses administrations à l’ère du numérique. Le secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, Thierry Mandon, est passé à l’offensive en communiquant largement sur le thème de “la transformation numérique de l’État”, depuis le Conseil des ministres du 17 septembre [cliquez ici pour consulter le compte rendu], jusqu’à un déplacement ce vendredi 19 septembre à la rencontre de start-up réutilisatrices de données publiques.

Symbole de cette montée en puissance, l’annonce en mai dernier de la création d’un administrateur général de données (AGD) s’est concrétisée en quelques jours avec la parution d’un décret et la nomination à ce poste d’Henri Verdier, directeur de la mission Etalab. “Toute proportion gardée, son rôle s’apparente à celui d’une sorte de contrôleur général des lieux de privation de liberté de la donnée publique”, décrypte pour Acteurs publics Mohammed Adnène Trojette, magistrat de la Cour des comptes et auteur d’un rapport sur l’ouverture des données publiques [lire notre article].

Favoriser l’interministérialité

La “fiche de poste” d’Henri Verdier lui permet en effet d’aller visiter chaque administration, de fouiller ses bases de données et d’étudier ses pratiques de collecte et de diffusion. Une fonction stratégique, mais aussi opérationnelle : l’AGD pourra élaborer de nouveaux outils, fixer une méthodologie et conduire des expérimentations pour mobiliser les administrations autour de l’open data.

Au-delà de l’aspect “data”, Henri Verdier aura aussi pour mission de rendre intéropérables les systèmes d’information de l’État, placés par un décret du mois d’août au plus près de l’autorité du Premier ministre [lire notre article]. Très techniques, ces textes sont un message fort de compréhension par l’exécutif des enjeux du numérique. Jusqu’ici, le domaine était cantonné à la sphère économique et rattaché à Bercy sous la forme d’un secrétariat d’État ou d’un ministre de “l’Économie numérique”.

Dorénavant, avec un AGD placé directement sous l’autorité de Matignon et deux secrétaires d’État rattachés au Premier ministre et à Bercy (Thierry Mandon et Axelle Lemaire), le caractère par essence transversal du numérique est bel et bien reconnu. “Cette séquence de bonnes nouvelles montre qu'il y a aujourd'hui une véritable prise de conscience que le numérique est un élément essentiel de réponse aux problématiques de notre pays”, juge Guy Mamou-Mani, président du Syntec numérique.

Vers plus de téléprocédures

Si Thierry Mandon compte bien changer la vie des administrations grâce au numérique, les relations avec le citoyen ne sont pas négligées. Le secrétaire d’État entend transférer en ligne toutes les procédures administratives qui n’exigent pas juridiquement une présence physique de l’usager. Des annonces sont attendues à ce sujet début octobre. Même souci de transformation numérique des relations avec le secteur privé, avec la mise en place de l’expérimentation du “marché public simplifié” (MPS), qui allège les procédures des entreprises.

Le secrétaire d’État agit donc sur tous les fronts, faisant sentir l’urgence d’aborder le virage du numérique, tant les critiques se sont multipliées sur l’inertie technologique de certaines administrations [lire notre article]. Reste à convertir cette stratégie en actions rapides et concrètes qui permettront à la fois de faire des économies et de rendre le service public plus efficace.