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Alain Juppé veut augmenter de 10 % le salaire des enseignants du primaire

21 août 2015, PAR Pierre Laberrondo
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AMEZ UGO/SIPA

Avant la sortie prochaine de son livre-programme sur l’éducation, le maire de Bordeaux et candidat à la primaire à droite propose notamment de “mettre le paquet” sur l’école primaire et de revoir le mode de recrutement des enseignants.


Stabilité du budget de l’éducation, augmentation du salaire des enseignants du primaire, accroissement de l’autonomie des établissements… Le maire (Les Républicains) de Bordeaux, Alain Juppé, égrène dans un entretien au Parisien Magazine publié vendredi 21 août, à l’occasion de la sortie prochaine de son ouvrage Mes chemins pour l’école aux éditions JC Lattès, plusieurs propositions, entre changement et continuité, pour l’éducation nationale, l’un des principaux axes de sa candidature pour la prochaine investiture présidentielle à droite.

Le candidat veut “mettre le paquet” sur l’école maternelle et élémentaire. “Aujourd’hui, on fait plus pour le lycée que pour le primaire, cela doit changer”, dit-il en suggérant de réaffecter, durant les cinq ans du mandat présidentiel, des postes du secondaire (collège et lycée) vers le primaire.

Réformer le bac pour économiser

Alors que François Hollande a brandi pendant sa campagne présidentielle la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, Alain Juppé relève que ces nouveaux postes “n’existent pas”. “On n’arrive pas à les recruter”, observe-t-il avant d’afficher ses intentions : “Je ne promets pas d’augmenter les effectifs mais je m’engage à maintenir le budget de l’éducation nationale à son niveau actuel”. Dans sa quête de revalorisation du primaire, l’ancien Premier ministre propose aussi d’augmenter de 10 % les salaires des enseignants qui y sont employés tout en évoquant une contrepartie pour eux : “être plus présents dans l’établissement et plus disponibles pour les élèves et leurs parents”.

Au chapitre des économies, ce normalien veut réformer le baccalauréat, qu’il verrait bien réduit à 4 ou 5 épreuves, le reste étant soumis au contrôle continu. Avec à la clé un gain espéré de “plusieurs centaines de millions d’euros”. Une proposition assez proche de celle formulée en juin dernier par l’un de ses concurrents, l’ancien ministre de l’Éducation François Fillon.

Entretiens de recrutement

Partisan de laisser aux établissements “une plus grande autonomie”, Alain Juppé affirme vouloir aller “beaucoup plus loin” que la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem (programmée pour 2016), qui prévoit 20 % d’autonomie dans la gestion de l’emploi du temps. “Si, à certaines périodes de l’année, les équipes veulent faire plus de maths et un peu moins de français, elles doivent pouvoir le faire”, donne-t-il comme exemple.

Le candidat préconise enfin aussi une rupture sur le plan des ressources humaines en modifiant le mode de recrutement des enseignants. “Vous connaissez une entreprise où il n’y a jamais d’entretien d’embauche ? Où l’on recrute les gens à partir d’un barème informatique ? Il faut développer la notion de postes à profil : on définit le profil du poste vacant, on regarde le C.V., on fait passer un entretien et on vérifie ainsi qu’on recrute le bon enseignant pour le bon poste.”