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Ouverture des données : les administrations priées de jouer le jeu via une cartographie collaborative

25 janv. 2016, PAR Sylvain Henry
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Une cartographie collaborative des données publiques sera lancée en 2016, annonce le rapport annuel de l’administrateur général des données. Les administrations sont priées de s’approprier la culture des big data, indique la secrétaire d’État Clotilde Valter. 


Créer une cartographie collaborative ouverte à toutes les administrations “qui souhaiteront y participer et en bénéficier”. C’est le projet que lancera l’administrateur général des données, Henri Verdier, dans les prochains mois, tel qu’annoncé dans son premier rapport annuel sur la gouvernance de la donnée en 2015, qui vient d’être remis au Premier ministre [cliquez ici pour lire le rapport intitulé “Les données au service de la transformation de l’action publique”].

Créé en septembre 2014, l’administrateur général des données – rattaché au secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP) – coordonne l’action des administrations “en matière d’inventaire, de gouvernance de production, de circulation et d’exploitation des données”, rappelle le rapport. Un pilotage assumé par Henri Verdier, par ailleurs directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État (Dinsic). L’administration française est la première, en Europe, à avoir créé cette fonction.

Infrastructures SI adaptées

Parmi les pistes d’amélioration nécessaires, alors que les éléments d’information relatifs aux données publiques restent globalement insuffisants, il s’agit donc de dresser un état des lieux précis. Et le rapport de souligner la difficulté de toute approche “qui se voudrait linéaire, centralisée et exhaustive”. La Disic (devenue Dinsic) et la mission Etalab ont rencontré quelques difficultés en la matière.

Ainsi, l’inventaire des principales bases de données disponibles dans le système de la santé dressé par Etalab a mis en lumière l’approche reposant sur des enquêtes auprès des administrations “ainsi que la difficulté de décrire dans un référentiel unique le contenu des bases de données, l’origine des données, leur précision, leur granularité, leur fréquence de mises à jour, les responsables et les différents secrets protégeant ces données”. Une tâche jugée “ardue”, voire impossible, notamment parce que les acteurs publics n’ont pas forcément conscience de tous les enjeux. “Nombre des informations importantes proviennent d’une informatique de gestion, rarement perçue comme source de savoir par les autorités en charge”, relève le rapport.

Réseau de correspondants

Ce projet de cartographie aura tout le soutien du gouvernement, laisse entendre la secrétaire d’État en charge de la Réforme de l’État, Clotilde Valter, qui dans un communiqué souligne une avancée qui devrait être accompagnée d’infrastructures de systèmes d’information adaptées “dès leur conception, à l’objectif de libération des données”. Et d’insister sur l’impact “de l’appropriation par l’État de la culture issue des « big data »”.

Cela passera peut-être par la création d’un réseau de correspondants et de personnes ressources développé au sein de chaque administration, piste avancée dans le rapport. L’administrateur propose par ailleurs de définir une doctrine interministérielle en lien avec le Conseil d’État pour faciliter les échanges entre les administrations.