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L’Europe veut être en pointe sur la technologie “blockchain”

8 févr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Mariya Gabriel, commissaire européenne à l'Économie numérique - Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Pour ne rien manquer de cette révolution numérique, l’Union européenne a lancé un observatoire-forum qui associera les autorités publiques, les régulateurs et les industries. L’objectif de la Commission est d’observer ce secteur pour en tirer avantage dans la perspective du marché unique européen.


“Je considère la technologie des chaînes de bloc (blockchain) comme un changement fondamental et je veux que l’Europe soit à la pointe de son développement”, a expliqué Mariya Gabriel, la commissaire à l’Économie numérique et à la Société, lors d’une conférence de presse, le 1er février dernier, qui annonçait la création d’un observatoire-forum sur ce sujet.

Cet observatoire, lancé à l’initiative du Parlement européen, poursuit deux objectifs à moyen terme. Il vise, tout d’abord, à évaluer tous les services numériques que peut rendre la blockchain. Cette technologie de stockage et de transmissions de données a pour principaux atouts d’être transparente et sécurisée. Elle consiste à stocker des blocs d’informations de façon distribuée sur le réseau, fonctionne sans contrôle central et permet, en fonction de ses applications, de se passer de ses intermédiaires. Dans le cas des cryptomonnaies, elle évite les banques. L’idée de ce projet est ainsi d’être “un des référentiels les plus complets au monde de l’expérience et de l’expertise blockchain”, selon la commissaire.

340 millions d’euros d’investissements jusqu’en 2020

Un rapport publié par le Parlement européen en 2017 affirmait que la technologie blockchain “changerait la vie des résidents de l’UE en concentrant ses efforts sur des domaines tels que les données et l’identité”. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne en charge de la Stabilité financière, a indiqué que l’observatoire guidera l’élaboration des politiques communautaires. La Commission a prévu d’investir 340 millions d’euros sur des projets de technologie blockchain jusqu’en 2020.

L’utilisation la plus connue de la blockchain à l’heure actuelle, les monnaies cryptées (comme le bitcoin), entraîne une réaction très prudente, voire ambivalente, des instances européennes. D’un côté, lors de la conférence de presse, Valdis Dombrovskis a affirmé que “la chaîne de blocs a le potentiel d’être véritablement transformatrice pour les services financiers et les marchés”. De l’autre, la Commission a approuvé, en décembre 2017, un plan visant à mettre fin aux transactions anonymes sur les portefeuilles numériques et les échanges, ce dont sont accusées les monnaies virtuelles par les banques centrales européennes.

À plus long terme, la Commission souhaite utiliser cette technologie au profit du marché unique européen. L’observatoire souhaite s’appuyer sur des projets existants et s’assurer qu’ils fonctionnent au-delà des frontières de leur pays. ConsenSys, l’une des start-up les plus en vue dans l’écosystème de la blockchain, sera l’une des premières sociétés à apporter son expertise à cet observatoire.

Jean-Bernard Gallois