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Police de sécurité du quotidien : des effectifs renforcés dans une trentaine de quartiers

9 févr. 2018, PAR Acteurs Publics
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NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Trente quartiers difficiles bénéficieront de “moyens supplémentaires” d’ici janvier 2019, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le 8 février en dévoilant les grands axes de la police de sécurité du quotidien.


Après plusieurs mois de concertation, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a dévoilé, le 8 février, les grands axes de la police de sécurité du quotidien (PSQ). Proposition phare : 30 quartiers difficiles bénéficieront de “moyens supplémentaires” d’ici janvier 2019. “Quinze à 30 policiers sélectionnés par les chefs de service viendront, dans chacun de ces quartiers, renforcer les effectifs”, sans pour autant constituer de nouvelles brigades spécialisées, a expliqué le ministre dans Le Monde, avant de lancer officiellement, à l’École militaire à Paris, la PSQ, promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Les quartiers concernés sont décrits comme des “territoires où la délinquance et les trafics ont augmenté de manière forte, où les habitants ont parfois peur de sortir de chez eux, de prendre le bus”. Ces quartiers de “reconquête républicaine”, selon l’expression du ministre, sont ciblés en zone police : entre autres, Trappes (Yvelines), les Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), le Mirail à Toulouse, le Neuhoff à Strasbourg, les quartiers nord de Marseille, Gros Saule à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et les Beaudottes à Sevran (Seine-Saint-Denis).

Fin de la politique du chiffre

En zone gendarmerie, 20 départements (essentiellement en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l’Ouest de la France) disposeront de 500 renforts, a ajouté le ministre, qui précise vouloir augmenter le nombre de brigades de contact à 250 unités d’ici la fin 2018. Qualifiant la PSQ de “méthode de travail” et de “nouvel état d’esprit”, Gérard Collomb promet la “fin de la politique du chiffre” et de nouvelles modalités dans l’évaluation de l’action policière en associant les Français.

“Nous ne serons plus dans une politique du chiffre (…) Il nous faut mettre en place une évaluation qui associe la population au travers d’enquêtes de satisfaction. Je propose que ce soient les Français qui évaluent leur police, pas uniquement des séries statistiques”, a-t-il avancé. Les enquêtes de satisfaction évoquées font partie plus largement des outils que l’équipe Macron entend promouvoir pour l’ensemble du service public.

Le locataire de la Place Beauvau, qui veut aussi donner un second souffle aux instances locales de concertation, promet également une refonte de la formation initiale des policiers pour qu’ils “appréhendent davantage les problématiques sociétales, le management, la relation avec la population”.

Accueil poli

Les syndicats de police ont réservé un accueil poli aux annonces ministérielles en demandant de passer de “la parole aux actes”. “Le constat est bon. Les solutions sont bonnes, mais on reste dubitatifs”, a affirmé Frédéric Lagache, numéro deux du syndicat Alliance. “C’est un grand moment de communication, mais il va falloir aller au-delà des annonces”, a estimé Christophe Rouget, du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT).

Les syndicats sont particulièrement attentifs au résultat final de la réforme de la procédure pénale, considérée place Beauvau comme un “levier de transformation” primordial de la PSQ. Un projet de loi, préparé par les ministères de l’Intérieur et de la Justice, doit être présenté au printemps. La Place Beauvau promet un renforcement du pouvoir des enquêteurs. Dans ce domaine, comme l’ont montré les résultats du questionnaire adressé aux 250 000 membres des forces de l’ordre lors de la concertation sur la police de sécurité du quotidien, les attentes en matière de simplification sont très fortes. Ils demandent aussi à être libérés des tâches indues.

Avec AFP