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Deux députées proposent un service national sous forme de “parcours de citoyenneté”

14 févr. 2018, PAR Pierre Laberrondo
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ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Alors que l’Élysée veut instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”, deux députées plaident pour “une incitation à l’engagement” non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants.


Un “parcours de citoyenneté” en trois étapes, étalé de 11 à 25 ans, pour renforcer la cohésion nationale : c’est ce que préconise un rapport parlementaire publié mercredi 14 février, alors que l’exécutif souhaite instaurer un service national universel comportant “une partie obligatoire entre trois et six mois”.

Le rapport, présenté ce mercredi devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, propose “un enseignement moral et civique renforcé” à l’école ainsi qu’“une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté (obligatoire)” entre 11 et 16 ans, qui se déroulerait au sein même de l’établissement scolaire et inclurait une formation aux premiers secours. Parmi les intervenants mobilisés, figureraient le corps enseignant, mais aussi l’armée, les pompiers, des associations de mémoire, des étudiants en médecine...

Ensuite, à 16 ans, interviendrait “un rite de passage” pour exercer les connaissances et compétences acquises, qui se substituerait à l’actuelle Journée de défense et de citoyenneté (JDC) : soit une semaine en internat pendant les vacances scolaires (une “école de la fraternité”), soit une semaine en immersion au sein du monde associatif, suggèrent les rapporteures Émilie Guerel (LREM) et Marianne Dubois (LR).

Inciter plutôt qu’obliger

Enfin, entre 16 et 25 ans, serait prévue “une incitation à l’engagement”, non obligatoire, dans le cadre d’une montée en puissance des dispositifs déjà existants : service civique, garde nationale, engagement associatif... “L’engagement constitue avant tout un choix personnel qui repose sur le volontariat”, font valoir les deux élues pour justifier le caractère optionnel de cette phase.

En échange, les jeunes pourraient bénéficier de droits en matière de formation ou encore de transports à tarif préférentiel. Ce “service national universel, adapté à notre époque”, serait “susceptible d’emporter l’adhésion de la jeunesse et d’être utile à la société”, concluent les rapporteures, qui ont conduit 25 auditions (armées, jeunes, milieu éducatif, associations…)

Expérimentation prévue en 2019

Emmanuel Macron, qui avait promis l’instauration de ce service national universel pendant la campagne électorale, a de son côté souhaité mardi qu’il comporte “une partie obligatoire de trois à six mois”. Le président de la République a également estimé qu’il pourrait comporter “une ouverture sur la chose militaire”, mais que “sa forme pourra être civique”.

Le projet de service national universel, dont les modalités restent à écrire, suscite des doutes en raison de son coût potentiel, des capacités d’accueil des armées, réduites depuis la suppression en 1997 du service militaire, ou encore des problèmes juridiques qu’il pourrait soulever s’il était obligatoire. L’Élysée a mis en place un groupe de travail qui doit rendre ses conclusions fin avril. Une phase d’expérimentation est d’ores et déjà prévue en 2019.

Avec AFP