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Spoils sytem ? Quel spoils system ?

5 mars 2018, PAR Bruno Botella
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De mai à fin décembre 2017, 49 directeurs d’administration centrale ont été remplacés contre 69 en 2012, sur la même période du quinquennat Hollande. 


Des cabinets ministériels réduits, des directeurs d’administration 100 % loyaux, en lien direct avec leur ministre. Emmanuel Macron avait détaillé, durant la campagne présidentielle, puis dès ses premières semaines à l’Élysée, le nouveau mode de gouvernance qu’il voulait instaurer. L’enquête chiffrée qu’Acteurs publics publie dans ce numéro [pages 102 à 107] montre pourtant qu’on est loin d’un spoils system souhaité par certains et redouté par d’autres. De mai à fin décembre 2017, 49 directeurs d’administration centrale ont été remplacés contre 69 en 2012, sur la même période du quinquennat Hollande. Un quart des remplaçants sont des femmes et tous les nouveaux affichent des profils classiques, respectant la tradition… Rien de nouveau sous le soleil donc, si ce n’est la peur. On ne sait pas si Emmanuel Macron a vraiment eu l’intention de renouveler la haute fonction publique en nommant des gens de confiance, au profil diversifié, et si, rattrapé par le principe de réalité, il n’y est pas parvenu. Ou si, plus vraisemblablement, il n’a pas voulu prendre le risque de tout chambouler à la tête des administrations, agitant l’idée d’un spoils system pour affirmer son autorité de jeune inspecteur des finances devenu président de la République à 39 ans. La crainte a donc gagné le sommet des ministères. La peur de passer à la trappe comme le général de Villiers, tombé dans la gueule du loup, exemple parfait pour montrer que l’Élysée ne faiblirait pas face à la technostructure. Silence dans les rangs !