Quantcast

800 postes de plus pour assurer la scolarité obligatoire dès 3 ans

28 mars 2018, PAR Pierre Laberrondo
  • 03
    MIN
  • 0

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Si plus de 97 % des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans, ce chiffre moyen “couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”, a justifié Emmanuel Macron. Mais les modalités de cette scolarité posent encore question.


Une annonce et des questions. La scolarité à l’école maternelle sera obligatoire dès l’âge de 3 ans, a annoncé le chef de l’État, Emmanuel Macron, le 27 mars en ouverture des “Assises de la maternelle” à Paris. “L’école maternelle est et sera davantage à l’avenir un moment fondateur de notre parcours scolaire français, a dit le Président. À ce titre, j’ai en effet décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019.”  

Aujourd’hui, la plupart des enfants entrent déjà à l’école maternelle dès 3 ans (97,6 % des petits de 3 ans y étaient inscrits en 2015-2016, selon les dernières statistiques connues du ministère de l’Éducation nationale). Mais, a insisté Emmanuel Macron, “ce chiffre moyen couvre des inégalités diverses, derrière, il y a des pratiques profondément différentes d’un territoire à l’autre”.

Disparités et inégalités

Il est notamment beaucoup plus bas en outre-mer. Ce chiffre recouvre aussi des “disparités dans la journée”, puisque “ce sont dans les quartiers les plus défavorisés que souvent, on ne va pas remettre l’enfant à l’école” l’après-midi, “parce qu’on ne peut pas ou on veut pas payer la cantine”, a relevé le président de la République.

“800 postes créés pour ça en maternelle à la rentrée 2019”, a commenté sur Twitter le secrétaire d’État Olivier Dussopt, placé auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, sans préciser ce que recouvrait ce chiffre. L’école maternelle mobilise en effet des professeurs des écoles, payés par l’État, mais aussi des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), employés, eux, par les collectivités locales.

“Pour nous, la scolarisation à 3 ans n’est pas le sujet, elle se fait déjà par adhésion”, a réagi Francette Popineau, à la tête du Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire. “La vraie question est plutôt : comment on s’y prend ? Avec combien d’élèves par classe, quels investissements, quelles formations pour les profs ?”

Financement et moyens en question

Les collectivités locales sont elles aussi assez dubitatives quant aux conséquences de la mesure. “Qui va payer ?” a demandé France urbaine, l’association qui regroupe les élus des métropoles, grandes intercommunalités et villes françaises. “Outre le surcoût lui-même, vraisemblablement très compliqué à porter pour les villes, la nouvelle contractualisation liant l’État et les collectivités fait interdiction à ces dernières de dépasser une trajectoire d’augmentation de leurs dépenses de fonctionnement de 1,2 % sur la durée du mandat”, observe cette association d’élus.

“Cette annonce modifie à nouveau la donne sur la contractualisation, a jugé Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine et maire de Toulouse. Il me semble donc nécessaire de rechercher ensemble une solution afin de rendre financièrement applicable cette annonce.”

Avec AFP