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Une nouvelle journée d’action prévue dans la fonction publique le 22 mai

11 avr. 2018, PAR Bastien Scordia
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© Serge Pouzet/SIPA

Sept syndicats de fonctionnaires ont décidé d’appeler les agents publics à la mobilisation pour le 22 mai, soit deux mois tout juste après leur première journée d’action. Comme pour le 22 mars, l’Unsa et la CFDT n’appellent pas à la mobilisation, pour le moment.


Les syndicats de fonctionnaires ayant appelé à la mobilisation le 22 mars dernier avaient promis de pérenniser leur mouvement. C’est désormais chose faite. Réunis en intersyndicale mardi 10 avril, ceux-ci (CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC, CFTC et FA-FP) ont décidé de renouveler l’exercice et d’appeler les agents publics à une nouvelle journée de grève et de manifestations dans l’ensemble de la fonction publique le 22 mai prochain. D’ores-et-déjà, elles prévoient même un autre “temps fort de mobilisation” lors du rendez-vous salarial prévu à la mi-juin

Leurs mots d’ordre pour la journée du 22 mai sont déjà nombreux et pour la plupart similaires à ceux de la journée du 22 mars. La question de l’amélioration du pouvoir d’achat des agents publics tout d’abord, les organisations syndicales appelant notamment à la fin du gel de la valeur du point d’indice et à sa “revalorisation” ; l’abrogation de la journée de carence ; la juste compensation de la hausse de la contribution sociale généralisée (qui n’est pas effective selon eux) et le “respect des engagements” en matière d’évolution de carrière et d’amélioration des déroulements de carrière.

En filigrane de cette dernière revendication, bien sûr, le protocole sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations (PCCR), dont le report d’une année a été décidé par le gouvernement à l’automne dernier.

Respect du dialogue social

Au-delà de ces mesures salariales, les organisations syndicales exigent de l’exécutif un dialogue social “respectueux des représentants du personnel”. L’occasion pour les représentants du personnel de rappeler leur opposition à “l’orientation”, à la “méthode” et au “calendrier” proposés par le gouvernement dans le cadre de son “document d’orientation” de la concertation sur la réforme du cadre statutaire des agents publics, qui vient d’être lancée.

Censé durer jusqu’en amont des élections professionnelles du 6 décembre, avant un probable projet de loi début 2019, ce chantier intitulé “Refonder le contrat social avec les agents publics” est articulé autour de 4 axes : l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement des instances de dialogue social, l’élargissement du recours au contrat, l’évolution des politiques de rémunération (rémunération au mérite notamment et l’accompagnement des agents pendant leur carrière [cliquez ici pour consulter notre article : “Top départ sur la refonte du dialogue social dans la fonction publique”].

Par ailleurs, les organisations syndicales affirment ne pas partager “davantage” les objectifs poursuivis par le gouvernement dans le cadre du programme Action publique 2022 “consistant à réduire le périmètre de l’action publique avec la perspective d’abandon, voire de privatisation de missions publiques”.

L’Unsa et la CFDT, parties prenantes ?

Comme lors de la journée du 22 mars, l’Unsa et l’UFFA CFDT n’appellent pas à la grève le 22 mai prochain. Elles ont néanmoins participé à la réunion intersyndicale du mardi 10 avril. “Pour l’instant”, nuance la première, qui affirme partager “une partie de l’analyse” des organisations syndicales réunies en intersyndicale le 10 avril “sur la nécessité de défendre la fonction publique et de demander une hausse du pouvoir d’achat pour tous les agents publics”. L’Unsa se réserve néanmoins “le droit d’appeler les agents à toutes formes d’action en fonction des annonces gouvernementales”.

La CFDT, quant à elle, n’a toujours pas arrêté sa position sur sa participation ou non à la journée du 22 mai. Ses instances se réuniront jeudi 13 avril pour prendre une décision collective. “Le fait que l’on ait été présents lors de l’intersyndicale prouve bien que l’on est aussi engagés dans un rapport de force avec le gouvernement”, estime la secrétaire générale Fonctions publiques du syndicat, Mylène Jacquot, qui juge plus “opérant” d’avoir une mobilisation au moment du rendez-vous salarial, prévu au mois de juin prochain. Toutes les hypothèses restent donc ouvertes.

Pour rappel, lors de la journée de mobilisation du 22 mars, les chiffres de la participation atteignaient 12,80 % dans la fonction publique d’État et 8,11 % dans la territoriale. Des taux en légère baisse par rapport à la journée d’action du 10 octobre 2017. L’automne dernier, le taux de grévistes s’établissait à 13,95 % pour l’État et à 9,5 % pour la territoriale. Seule l’hospitalière avait alors accusé un niveau de participation supérieur à la précédente journée d’action, avec 10,9 % le 22 mars, contre 10,4 % le 10 octobre 2017 [cliquez ici pour consulter notre article : “Le nombre de grévistes en baisse dans la fonction publique”]