Quantcast

La BCE reconnaît que ses mesures extraordinaires ont eu peu d’effet depuis 2014

12 avr. 2018, PAR Acteurs Publics
  • 02
    MIN
  • 0

Danièle Nouy, présidente du conseil de surveillance de la BCE - Michael Probst/AP/SIPA

La Banque centrale européenne indique, dans son dernier rapport annuel, que les décisions monétaires mises en place après la crise financière n’ont eu aucun effet sur la zone euro, voire ont eu un impact négatif sur les banques espagnoles et allemandes. Les perspectives des banques de la zone euro sont peu enviables et celles-ci doivent retrouver une plus grande profitabilité.


Un mea culpa relatif. Dans son rapport annuel pour 2017, la Banque centrale européenne (BCE) a admis l’impact négatif du train de mesures qu’elle a adoptées depuis 2014. Trois actions extraordinaires ont été prises depuis la fin de la crise financière européenne : l’abaissement des taux d’intérêt, des taux négatifs pour les placements de banques et des programmes de rachats d’obligations.

Lancé en mars 2015, ce dernier programme, appelé « assouplissement quantitatif », est le plus marquant. Il a consisté au rachat de titres de dette souveraine des pays de la zone euro en dehors de la Grèce par les banques centrales. Son objectif était de faire baisser les taux d’intérêt sur les dettes publiques. Des titres de dette de grands entreprises européennes ont ensuite été rachetés à partir de juin 2016. Ces opérations, au rythme de 80 milliards à 100 milliards d’euros par mois, ont représenté plus de 2 400 milliards d’euros au total.

Le rapport publié le 9 avril indique que “les aspects négatifs ont, à ce jour, généralement été contrebalancés par les effets positifs d’une expansion économique large et solide sur la profitabilité des banques”.

Manque de rentabilité du secteur bancaire

Mais il reconnaît que l’impact général des mesures de politique monétaire sur la profitabilité a été limité sur l’ensemble de la zone, avec des différences selon les pays. Ainsi, les conséquences des politiques ont même été négatives en Allemagne et en Espagne, où les banques ont pâti des politiques de la BCE. Leurs marges ont été réduites, alors que les liquidités en surplus de celles-ci ont été pénalisées par les taux négatifs. En France, les mesures prises n’ont pas eu d’effet notoire sur les établissements de crédit.  

Malgré les conséquences neutres de son “stimulus bancaire”, la BCE admet que les perspectives des banques de la zone euro sont aujourd’hui peu enviables. Les taux d’intérêt très bas ont des effets néfastes sur la rentabilité des banques européennes, a noté la BCE dans un rapport sur ses activités de surveillance de 2017, publié fin mars dernier. “Nous sommes inquiets du manque de rentabilité dans le secteur bancaire de la zone euro”, a déclaré Danièle Nouy, présidente du conseil de surveillance de la BCE.

Point positif, cependant, la résistance moyenne des banques s’est améliorée. Leur solvabilité a atteint 14,5 % de ratio de capitaux propres au troisième trimestre 2017, contre 7 % en 2007, avant la crise financière.

Jean-Bernard Gallois