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Mylène Jacquot : “Pourquoi la CFDT se joint à la mobilisation du 22 mai”

12 avr. 2018, PAR Bastien Scordia
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Mylène Jacquot, secrétaire générale de l'UFFA CFDT

Après consultation de ses instances, la CFDT Fonctions publiques a décidé, jeudi 12 avril, de se joindre à l’appel à la mobilisation lancé par 7 syndicats de fonctionnaires pour le 22 mai prochain. Sa secrétaire générale, Mylène Jacquot, explique à Acteurs publics les raisons de ce choix. Pour rappel, cette organisation n’avait pas participé à la journée d’action du 22 mars dernier.


Pourquoi la CFDT a-t-elle décidé de se joindre à l’appel à la mobilisation du 22 mai*, alors qu’elle ne l’avait pas fait le 22 mars dernier ?
Notre débat pour le 22 mars avait été clair : nous soutenions et nous nous impliquions pleinement dans les mobilisations sectorielles tout en laissant la place à la concertation. Aujourd’hui, le début de concertation lancée par le gouvernement laisse à peine entrevoir quelques ouvertures. Mais elles ne suffisent absolument pas à lever les inquiétudes de nos collègues tant sur le recours aux contrats que sur l’individualisation de la rémunération, sur le volet salarial ou encore sur les perspectives du programme Action publique 2022. Notre positionnement est donc parfaitement cohérent avec nos engagements et les alertes que nous avons exprimées de manière récurrente.

Reprochez-vous ainsi au gouvernement de ne pas suffisamment prendre en compte la parole des représentants du personnel dans le cadre de la concertation sur la réforme du cadre statutaire des agents publics ?
Le gouvernement nous réunit, certes. Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, fait régulièrement la preuve de son investissement dans le dialogue social. Mais cela ne suffit pas. Il faut que le gouvernement accepte d’entendre nos propositions et de tenir compte de nos expressions. C’est le premier respect dû aux agents, car notre représentativité repose sur leurs voix. Il faut maintenant que l’exécutif entende ces voix et ainsi reconnaisse l’investissement des agents au service des usagers.

Quelles sont précisément vos revendications et vos attentes ?
Depuis de nombreuses semaines, notre organisation a exprimé ses profonds désaccords sur la forme comme sur le fond des annonces relatives à la fonction publique. Par exemple, nous ne souhaitons pas l’élargissement du recours au contrat. Mais nous sommes prêts à réfléchir aux modalités de recrutement des titulaires, par exemple par le prérecrutement, le développement du concours sur titre pour les professions réglementées ou encore l’amélioration des conditions d‘emploi des agents contractuels. Sur les rémunérations, nous rappelons au gouvernement les mesures négatives intervenues récemment sur le pouvoir d’achat des agents publics et revendiquons ainsi des mesures générales pour ces derniers, sur la valeur du point d’indice, la mise en œuvre du protocole PPCR dans le calendrier initial ou encore la révision des modalités de compensation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Nous sommes néanmoins ouverts à la mise en œuvre d’une modalité de reconnaissance collective du travail des agents, mais pour l’accroissement de l’individualisation (qui existe déjà), c’est non. Dans tous les cas, le gouvernement se doit de respecter les employeurs, leurs choix RH, le dialogue social entre les représentants des agents et des employeurs, et ne pas tout imposer pour des raisons idéologiques.

Un mouvement syndical unitaire est-il selon vous l’unique moyen de faire plier le gouvernement ?
Nous nous plaçons sur un terrain clairement syndical. Notre objectif est de faire entendre au gouvernement qu’il ne transformera pas la fonction publique sans les agents, et encore moins contre eux. Nous n’acceptons pas et nous n’accepterons jamais que les agents publics soient montrés du doigt comme étant réfractaires à toute évolution. Et cela vaut aussi pour les organisations syndicales, qui ont des propositions à faire, encore faut-il que le gouvernement veuille bien les entendre.

* En plus de la CFDT, la CGT, FO, la FSU, Solidaires, la CFTC, la CFE-CGC et la FA-FP ont appelé à la mobilisation le 22 mai prochain. Seule l’Unsa n’a pas définitivement arrêté sa position.