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Négociations salariales à haut risque en Allemagne dans le secteur public

16 avr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Le leader du syndicat Verdi, Frank Bsirske, le 10 avril à Cologne - Keuenhof Rainer/action /SIPA

Après le mouvement de grèves de la semaine dernière, les syndicats de la fonction publique en Allemagne ont entamé dimanche 15 avril une session décisive de négociations salariales.


Une série de « grèves d'avertissement » dans les aéroports, les gares et les hôpitaux la semaine dernière puis, enfin, les négociations… Depuis dimanche 15 avril, le ministre allemand de l’Intérieur qui négocie au nom de l’État est assis autour de la table avec les syndicats pour une session de discussions salariales qualifiées de « décisives ».

Le responsable du puissant syndicat Verdi, Frank Bsirske, a menacé d'actions élargies si aucun progrès n'était réalisé durant cette session, tout en se montrant optimiste sur la possibilité d'un accord pour les 2,3 millions de travailleurs concernés. « Les signaux que j'obtiens à présent devraient rendre possible un compromis acceptable durant la troisième session de négociations », a-t-il déclaré au quotidien financier Handelsblatt. Il a toutefois réaffirmé la détermination des syndicats pour obtenir « des augmentations significatives ».

Le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, accueilli par des manifestants à son arrivée à Postdam, dimanche, pour le début des discussions, a dit espérer parvenir à un accord d'ici mardi 17 avril. Le ministère s'est dit d'accord pour que les travailleurs du secteur public puissent « avoir leur part du bon développement économique de l'Allemagne » mais a averti que les demandes salariales étaient « trop élevées ».

6 % de hausse

Les principaux syndicats du secteur public (Verdi, GEW et DBB) exigent une hausse de 6 % des salaires et veulent qu'elle se traduise par au moins 200 euros de plus par mois pour les employés de l'État fédéral et des communes. Les syndicats, arguant de la bonne santé de l'économie et de l'excédent budgétaire record de 38,4 milliards d'euros en 2017, surfent sur la victoire début février du puissant syndicat IG Metall. Ce dernier a arraché dans la métallurgie un accord inédit sur le droit à la semaine de 28 heures - pour une durée limitée - et une hausse salariale de 4,3 %, après avoir exigé initialement 6 %.

Environ 150 000 travailleurs du secteur public ont pris part la semaine dernière à des débrayages coordonnés de quelques heures dans toute l'Allemagne pour augmenter la pression avant la dernière des trois séries de négociations salariales du secteur. Les deux sessions précédentes n'avaient abouti à aucun résultat.

Les « grèves d'avertissement » accompagnent traditionnellement en Allemagne le début ou le milieu des négociations salariales menées de manière saisonnière à l'expiration de chaque accord de branche. En cas de blocage plus persistant, les syndicats ont ensuite recours à la grève dite « dure ».

(avec AFP)