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Crise politique à la région de Madrid

26 avr. 2018, PAR Acteurs Publics
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Cristina Cifuentes, le 25 avril 2018, à Madrid - Emilio Naranjo/EFE/SIPA

Cristina Cifuentes, étoile montant du Parti populaire du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, et présidente de la région de Madrid, a été contrainte à la démission. Elle est accusée d’avoir fraudé pour obtenir un diplôme et d’avoir volé des cosmétiques dans un supermarché.  


Elle aura tenu trente-cinq jours. La présidente conservatrice de la région de Madrid, Cristina Cifuentes, affaiblie par des accusations d’obtention frauduleuse d’un master et de vol de produits cosmétiques dans un supermarché en 2011, a fini par annoncer sa démission mercredi 25 avril.

“Toute mon action, toute ma vie a été mise en cause”, a déclaré Cristina Cifuentes, 54 ans, en se déclarant victime d’un “lynchage” après la diffusion d’une vidéo où l’on voit un agent de sécurité lui demander d’ouvrir son sac dans un supermarché, un incident lié selon elle à une “erreur involontaire” immédiatement réparée.

Figure du Parti populaire du chef du gouvernement, Mariano Rajoy, Cristina Cifuentes, qui dirigeait la région depuis trois ans, a expliqué à la presse avoir “pris cette décision, il y a quelques jours, de faire un pas en arrière pour éviter que la gauche ne gouverne à Madrid”.

Menace de motion de censure

Elle était en effet sous la menace d’une motion de censure de la gauche qui avait toutes les chances de réussir, car le Parti Ciudadanos, de centre-droit, avait annoncé qu’il lui retirait son soutien, indispensable dans cette région que la droite gouvernait avec une minorité de 48 élus sur 151. 

Plusieurs médias avaient accusé Cristina Cifuentes d’avoir obtenu un master en droit public de manière frauduleuse, ce qu’elle avait nié avant que l’université publique concernée, Rey Juan Carlos, évoque elle-même de graves irrégularités. Elle l’avait finalement retiré de son C.V., sous la pression. Ciudadanos avait alors exigé l’ouverture d’une enquête, tandis que l’opposition de gauche préparait une motion de censure.

Élections régionales dans un an

Mercredi matin, l’estocade est venue d’un média conservateur, OK Diario, qui a publié la vidéo datant de 2011. Cristina Cifuentes a confirmé l’authenticité de l’enregistrement, assurant qu’elle avait simplement emporté ce jour-là “de manière involontaire (…) 40 euros de produits”.

Elle n’a pas suggéré de nom pour lui succéder, à un an d’élections régionales dans ce bastion de la droite espagnole, gangrené par des affaires d’attribution frauduleuses de marchés et de malversations qui ont déjà entraîné par le passé la démission d’une autre ancienne présidente de la région. D’ordinaire très réservé, Mariano Rajoy n’avait pas hésité à exiger sa démission.

(avec AFP)