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Un directeur général par intérim nommé à l'Institut français du cheval et de l'équitation

9 mai 2018, PAR Emilie Coste
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DG


L'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) est dans la tourmente. Son directeur général, Jean Cézard, ayant démissionné récemment, un intérim vient d'être mis en place en attendant la nomination du prochain titulaire. Il est assuré par Didier Garnier, inspecteur général de l'agriculture et ancien conseiller d'Hervé Gaymard au ministère de l'Agriculture.

La démission de Jean Cézard est intervenue alors qu'une réforme de l'IFCE, établissement public chargé de la professionnalisation de la filière équine, est en cours. Devant être actée par un contrat d'objectifs et de performance pour la période 2018-2022, la restructuration de l'institut prévoit notamment la vente de plusieurs sites des haras nationaux et la réduction des effectifs – à hauteur de 180 postes sur un peu moins de 750. Dans un rapport de 2016, la Cour des comptes préconisait, quant-à-elle, la suppression pure et simple de cet institut né en 2010 en pleine vague de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), par fusion des Haras nationaux, de l'École nationale d'équitation et du cadre noir.

Dialogue social rompu

Cette réforme devait être menée à bien par Jean Cézard, nommé en janvier 2017 pour trois ans. Contesté par l'intersyndicale de l'IFCE et en interne, dans "un contexte de dialogue social difficile" comme le précise la CFDT dans un communiqué, cet ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts ne sera resté en poste que quinze mois. 

Contacté par Acteurs publics, Jean Cézard s'explique. "Sur les deux derniers mois, le dialogue social avec les syndicats a été très difficile. Malgré plusieurs tentatives pour le rétablir, ce n'était plus possible", indique-t-il. Les crispations se cristallisaient surtout autour des suppressions de postes "importantes, il faut être clair", concède-t-il. Toutefois,"les syndicats considéraient qu'il n'était plus possible de remplir toutes les missions", un point de vue qu'il ne partageait pas. 

Reconnaissant également avoir été "en désaccord avec une partie de l'encadrement", il dit avoir "tiré les conséquences" de cette rupture en ayant choisi de démissionner, "en accord avec les deux ministères de tutelle" (à savoir ceux des Sports et de l'Agriculture). Ministères pour lesquels, selon lui, sa mission est considérée comme remplie.

Gestion des affaires courantes

Son remplaçant provisoire, Didier Garnier, 65 ans, est inspecteur général de l'agriculture depuis 2004, chargé de l'appui aux personnes et aux structures des régions Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine depuis 2015. Proche de la retraite, il nous a indiqué être surtout là pour "gérer les affaires courantes", en attendant la nomination du prochain titulaire.

Ce haut fonctionnaire avait été, en 2012, conseiller technique chargé de l’agriculture et de la pêche auprès du Premier ministre, François Fillon. À sa sortie de cabinet, il était devenu inspecteur général de l’agriculture en poste au Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation et des espaces ruraux (CGAAER) sur la période 2012-2015.

Né en 1952, cet ancien professeur de sciences physiques, titulaire d'une licence dans cette matière, a été inspecteur du travail de 1979 à 1982. Ancien maire (UMP) de Lamorlaye, dans l'Oise, il a également été, à partir de 2000, responsable de la cellule "Bureau international du travail" (BIT) au ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Didier Garnier avait été nommé, en 2002, conseiller technique d'Hervé Gaymard, alors ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales et a aussi dirigé l'association de formation et d'action sociale écuries de courses (Afasec), de 1991 à 2000.