Déficits : les objectifs ambitieux du gouvernement

Après la conférence sur les déficits menée par Nicolas Sarkozy, le Premier ministre, François Fillon, a assuré que les dépenses publiques progresseraient à un rythme inférieur à 1 % par an à partir de 2011. Une gageure.
Après le temps de la relance budgétaire et des investissements publics, voici celui de la bataille contre les déficits publics. Le 28 janvier, une conférence lui était consacrée à l'Élysée, sous la houlette du Président lui-même. Peu de décisions concrètes en sont ressorties, mais plusieurs pistes y ont été évoquées : tenir l'objectif des dépenses d'assurance-maladie, en fixer un aux collectivités locales, envisager l'intégration dans la Constitution d'une règle d'équilibre des finances publiques ou réduire les niches fiscales et sociales. "Ma conviction est qu'il faut agir sur chacune des composantes de la dépense", a affirmé le chef de l'État.
Deux jours plus tard, dans une interview au Figaro, le Premier ministre a précisé les ambitions. Les dépenses publiques devront augmenter à un rythme inférieur à 1 % par an à partir de 2011, la progression des dépenses d'assurance-maladie passer sous la barre des 3 % et le non remplacement d'un fonctionnaire retraité sur deux se poursuivre jusqu'en 2012. Le Premier ministre s'est également engagé à ne plus créer aucune niche fiscale et à réduire les plafonds des exonérations existantes. Au total, dans le cadre du programme de stabilité envoyé par la France à la Commission européenne, les prévisions de déficit public seraient de 6 % du PIB l'an prochain, 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013, sous réserve d'un niveau de croissance de 2,5 % par an sur la même période. L'horizon du retour à l'équilibre des finances publiques est, quant à lui, repoussé à 2020. Une évolution qui semble difficilement réalisable.


















