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01/07/2009

Reconquérir les lauriers du succès

Améliorer la performance du système éducatif et positionner la France en pointe dans l’économie de la connaissance. Telles sont les deux ambitions d’un ministère qui est le premier employeur de France.


Les axes prioritaires

1. La semaine de quatre jours
Le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, l’avait dit. Il l’a fait. La semaine scolaire se déroule désormais sur quatre jours au lieu de quatre et demi auparavant. Le temps dégagé doit permettre d’accompagner et de soutenir les élèves en difficulté. Côté ministère, on se satisfait de ce remodelage. Côté syndicats, on fait grise mine. "La perte d’une demi-journée fait que les journées sont très chargées. Les élèves en difficulté ont encore plus de mal à suivre. Pour eux, le problème s’aggrave. C’est une belle occasion manquée", estime Thierry Cadart, secrétaire général Sgen-CFDT. Cette semaine de quatre jours "continue de poser de nombreux problèmes notamment en matière de rythme de sommeil pour l’enfant", souligne de son côté Jean-Michel Drevon, responsable des services publics à la FSU.

2. L’assouplissement de la carte scolaire
Parallèlement, le gouvernement a redéfini la carte scolaire pour la rendre plus attractive. "On a trompé les parents : le gouvernement aurait dû dire que l’assouplissement de la carte scolaire était « dans la limite des places disponibles »", indique Catherine Manciaux, secrétaire nationale du Snupden-FSU. Pour l’ensemble des syndicats, cette réforme n’a que peu d’impact sur les populations cibles : les plus modestes. Pis, les établissements "Ambition Réussite" perdent leurs meilleurs élèves au profit des établissements scolaires de niveau plus élevé. Conséquence : ces établissements ne remplissent pas l’un de leurs objectifs initiaux qui est de promouvoir l’égalité des chances. Enfin, les syndicats d’enseignants fustigent les évaluations de CE1 et CM2 : le procédé a été et reste contesté. Quant aux résultats, ils sont aussi très contestables, disent-ils en chœur.

3. La réforme du lycée en gestation
Bilan mitigé pour la réforme du lycée, qui s’est déroulée dans de bonnes conditions au sein des lycées professionnels et nettement moins bien au sein des lycées d’enseignement général et technique. "La réforme du bac professionnel a permis de ramener ce diplôme sur les standards du bac général en permettant des passerelles, des soutiens personnalisés, etc.", se réjouit-on dans l’entourage du ministre. Ce que ne contestent ni les enseignants ni les parents d’élèves. Côté lycée d’enseignement général, la réforme était "partie sur des bases intéressantes", concède Thierry Cadart, secrétaire général Sgen-CFDT.
Mais là encore, l’application a capoté sur des problèmes de concertation et de calendrier. "Trois mois pour appliquer la réforme, c’était et cela reste impossible. Le temps politique n’est pas le temps administratif", remarque Jean-Michel Drevon de la FSU. Le rapport de Richard Descoings tente d’apaiser les tensions, en concentrant ses propositions sur l’orientation des lycéens, la rénovation de la voie technologique, le rééquilibrage des séries du lycée général (littéraire, économique et social, scientifique) et la maîtrise des langues. L’application de la réforme est prévue pour la rentrée de septembre 2010. "On va nous rejouer la même partition et encore aller au clash", s’inquiète Thierry Cadart.

4. Des universités autonomes
La mise en œuvre de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) s’est effectuée dans la douleur : 16 semaines de grève, de blocages et parfois d’affrontement dans les principaux établissements universitaires. Le conflit a révélé une crise profonde et un défaut de méthode. Crise profonde parce que "nous payons le prix du passé, celui de vingt-cinq ans de passivité, de dévalorisation progressive du métier d’enseignant-chercheur, et du manque d’investissement de l’État dans les universités", a déclaré le 20 mai la ministre Valérie Pécresse, en mettant en avant l’effort financier actuel pour les universités, le plan Licence et le plan Campus.
Défaut de méthode ensuite parce que les parties en présence sont d’accord sur la nécessité de rénover le système. "Cependant, il manque dans la RGPP un point essentiel : le travail sur les objectifs de l’université. Il est utile et peut-être nécessaire que la loi LRU définisse les fonctions administratives des universités. C’est de l’institutionnel, de la gouvernance. Maintenant, elle ne dit pas pour quoi faire", s’alarme Thierry Cadart (Sgen-CFDT). Jean-Michel Drevon (FSU) regrette pour sa part qu’il n’y ait "pas eu de concertation en amont du texte et que les enseignants-chercheurs fassent grève avant d’être associés à la négociation", donnant à cette réforme un goût d’inachevé.

Christophe Soulard-Coutand

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