La titularisation des fonctionnaires sur le tapis

Nicolas Sarkozy a rouvert le dossier de la titularisation des fonctionnaires. Les syndicats se sont engouffrés dans la brèche.
Lorsque Nicolas Sarkozy a annoncé, le 25 janvier sur TF1, qu'il était "prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels" dans la fonction publique (16 % des effectifs), les syndicats n'en n'ont pas cru leurs oreilles. "C'est un scoop", a lancé Brigitte Jumel, secrétaire générale des fonctionnaires CFDT. Il faut dire qu'il s'agit d'une vieille lune syndicale toujours écartée jusqu'ici par le gouvernement. Ce dernier privilégiait, dans des groupes de travail réunis en 2009, la transformation de CDD en CDI.
Qu'à cela ne tienne, les syndicats ont décidé de prendre le président au mot. Anne Balthazar, secrétaire générale des fonctionnaires FO, compte bien "s'appuyer sur cette déclaration" pour obtenir un plan de titularisation. Gérard Aschieri (FSU) dit "chiche" et la CFDT demande l'ouverture de négociations "dans les plus brefs délais". Un empressement que Bercy a immédiatement essayé de temporiser. Éric Woerth, ministre de la Fonction publique, assure qu'il s'agira avant tout d'"éviter les abus", et de titulariser "lorsque c'est possible et souhaitable, et qu'il y a un poste définitif". Reste aussi à voir comment cet objectif sera concilié avec le non remplacement d'un départ à la retraite sur deux.
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Commentaires
La titularisation des fonctionnaires
Attention aux éléments de language ; un fonctionnaire n'est-il pas de base déjà titularisé? Le mécanisme de titularisation, en tant que qualité acquise, ne doit-elle donc pas concerner uniquement les non fonctionnaires, par exemple des agents contractuels?
Au sujet des lauréats examen professionnel rédacteur
C'est très bien que l'on puisse ouvrir le recrutement à des contractuels en place depuis quelques années, bien que certains fonctionnaires soient toujours pour le recrutement sur concours. La proposition d'évolution de carrière des infirmières est intéressante.
Mais qu'en est-il de la promotion interne des lauréats à l'E.P. de rédacteur. Pour être inscrit sur la liste d'aptitude, il est nécessaire d'être proposé par son employer, de passer devant la CAP,et compte-tenu de quotas draquoniens, d'espèrer un jour figurer sur la liste d'aptitude à l'emploi de Rédacteur, afin de pouvoir être nommé. On parle de promotion, de notation (mais à quoi sert-elle dans la fonction publique territoriale ?), de valeur professionnelle, d'évolution hiérarchique... mais même avec 20 ans de services, un baccalauréat et l'investissement relatif à la préparation de l'examen, pour progresser dans son emploi ou envisager une mutation et pouvoir donner à sa carrière une nouvelle orientation (en particulier pour les femmes qui sont libérées de l'éducation des enfants et souhaitent s'investir dans leur activité professionnelle), reste la désagréable surprise de se retrouver encore devant un mur. Pourquoi ces quotas limitatifs quant aux perspectives de carrière, mis en place pour les collectivités qui adhèrent à titre obligatoire aux centres de gestion, alors que d'autres collectivités de + de 350 agents peuvent nommer sans ces critères restrictifs. 20 ans de carrière et d'investissement professionnel devraient permettre, en particulier lorsqu'on réussit à un examen, de pouvoir évoluer plus rapidement et de ne pas attendre une hypothétique nomination pré-retraite... Il faut donner l'envie et ne pas démotiver en conservant le principe de carrière, si cher aux fonctionnaires.