Pascal Claverie : "Favoriser l’investissement par une fiscalité attractive"
Pascal Claverie, gérant de la PME Altela (Tarbes)
Quelle doit être la priorité de la réforme de la fiscalité locale ?
La priorité, c’est bien sûr la réforme de la taxe professionnelle. Je suis ravi, en tant que patron de PME, que l’État ait lancé le débat. Avec la suppression de la fraction de la taxe sur les investissements, je vais sans aucun doute lancer des investissements que je n’aurais pas initiés sans cela. Car avec le système en vigueur, l’investissement nous coûte le double du montant initial du matériel investi. Par exemple, si un matériel me coûte 100, et qu’au bout de dix ans il est obsolète, je continue à payer un montant de taxe professionnelle égal à sa valeur d’origine ! Avec la réforme, je prévois d’investir sur trois projets différents pour des montants de 2,3 millions d’euros, 200 000 euros et 1,5 million d’euros. Tout ce que je vais investir, je serai en mesure de le faire en France.
Les collectivités doivent-elles avoir la maîtrise des impôts locaux ?
Pour moi, cette question est plus délicate. Il va falloir trouver un système pour mettre fin aux disparités entre territoires. Les collectivités, et c’est fonction de la couleur politique locale, ont tendance à pratiquer le dumping fiscal pour attirer les entreprises sur leurs territoires ou, à l’inverse, pour des raisons idéologiques, à faire payer plus aux entreprises pour afficher une stabilité de la fiscalité des ménages. L’État doit-il reprendre la main ? Telle est la question qui peut se poser.
Faut-il modifier la répartition actuelle de la charge fiscale entre particuliers et entreprises ?
La tendance est toujours de vouloir faire payer l’entreprise, alors que nous créons de l’emploi. La richesse produite, nous la diffusons à la société en général, car ce sont autant d’emplois de créés et de TVA qui entre dans les caisses de l’État. Aider à l’investissement, c’est aider à garder un lien avec le territoire et la commune et ses citoyens. Enfin, supprimer la fraction sur les investissements évite l’évasion dans les pays à bas coûts. Mais c’est sûr, il faudra la compenser.
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