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03/07/2008
Interview

Roselyne Bachelot-Narquin : "Renforcer le pilotage territorial"

La ministre de la Santé explique comment elle compte relever les grands défis du système de soins. Elle veut également poursuivre le rapprochement entre les administrations de la santé, du sport et de la jeunesse.


Quelles seront les missions de votre ministère en 2012 ? Avec quels objectifs ?
Les missions de mon ministère resteront multiples. Ce ministère devra d’abord relever les grands défis de notre système de santé. Il devra trouver les réponses au poids grandissant des pathologies chroniques et au vieillissement de la population, assurer l’égalité d’accès de tous à des soins de qualité, améliorer l’efficience de nos dépenses de santé tout en faisant en sorte que notre système reste fidèle à ses valeurs et remédier à l'enchevêtrement des compétences et à la balkanisation des structures. C’est d’ailleurs le sens du projet de loi “Patients, santé et territoires” que je présenterai cet automne. Notre ministère poursuivra également le rapprochement des actions liées aux domaines de la santé, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (santé des sportifs, santé des jeunes, prévention des maladies cardiovasculaire liées à la sédentarité). Un accent fort sera porté sur le sport de haut niveau et sur le sport pour tous. De manière générale, qu’il s’agisse de la santé, du sport ou de la vie associative, une attention particulière sera apportée aux jeunes des quartiers en difficulté.

Quel est aujourd'hui le chantier prioritaire de réorganisation de votre administration ?
Dans le champ de la santé, la mise en place des agences régionales de santé sera la clef de voûte des réformes annoncées. C’est un vaste chantier, qui répond à un choix stratégique fondamental : renforcer le pilotage territorial à l'échelon régional, pour faciliter la construction de politiques globales de santé et garantir une régulation unifiée des secteurs hospitalier, ambulatoire et médico-social. En ce qui concerne la jeunesse, les sports et la vie associative, des services territoriaux spécialisés en ingénierie sociale seront constitués, à partir des activités exercées actuellement par les Directions régionales et départementales de l’Action sanitaire et sociale et les Directions régionales et départementales de la Jeunesse et des Sports. Notre administration sera ainsi peu à peu réorganisée et simplifiée, toujours dans un même but : servir l’intérêt des citoyens et répondre au mieux à leurs attentes.

Certaines activités de votre ministère ont-elles vocation à être externalisées demain ? Pourquoi ?
L’administration sanitaire et sociale est essentiellement un maître d'ouvrage, chargée de piloter de très importants opérateurs nationaux et locaux, comme les organismes de Sécurité sociale, les établissements hospitaliers, les agences sanitaires… Ce mouvement n’a pas vocation à évoluer sensiblement au cours des prochaines années. Au contraire, les réformes que je porte visent à rassembler nos forces, non à les disperser.

Ne pas remplacer un retraité sur deux, est-ce possible dans votre ministère ?

L’objectif essentiel de ce ministère, comme tant d’autres, est de garantir la qualité du service que nous offrons à nos concitoyens tout en veillant à la soutenabilité des dépenses publiques. Cela implique aussi d’évoluer en fonction des nouveaux besoins. Nous devons simplifier nos missions, éliminer les tâches inutiles qui font gaspiller du temps, mieux exploiter la ressource technologique… Lors des prochains départs à la retraite, nous devrons faire un effort d’introspection, dégager des marges de manœuvre pour recruter les compétences dont nous avons besoin et faire évoluer les métiers. L’absence de remplacement systématique est donc une opportunité pour améliorer, avec les organisations syndicales, la qualité du travail de tous les agents et celle de leur environnement professionnel.

Comment motivez-vous les agents autour de la réforme de votre ministère ?
Je sais que majoritairement, les personnels attendent ces réformes avec intérêt, car ils ont l’espoir d’y trouver des méthodes de travail plus rationnelles, plus intéressantes et des perspectives d’évolution plus motivantes. Les agents sont les premiers acteurs concernés par cette modernisation et j’ai bien conscience des inquiétudes légitimes qu’elle peut créer. C’est pourquoi je privilégie des temps d’échanges avec les agents. À titre d’exemple, un blog interne dédié à la réforme a été récemment ouvert et connaît d’ores et déjà un important succès. Je le redis avec force. Ces chantiers participent tous d’une seule et même volonté : donner à l’administration sanitaire et sociale de nouveaux moyens d’action pour lui permettre de continuer à apporter un service de qualité à tous nos concitoyens. Nous ne le ferons ni contre les agents, ni sans eux, mais bien avec eux.

Propos recueillis par L. F.

 

Ses chantiers

- Présenter le projet de loi "Patients, santé et territoires" à l'automne
- Installer les agences régionales de santé
- Constituer des services territoriaux spécialisés en ingénierie sociale à partir des directions régionales et départementales de l'action sanitaire et sociale et de la Jeunesse et des Sports.

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