04/01/2010
Sondage

Les politiques jugés mauvais gestionnaires

Quelque 59 % des fonctionnaires de catégorie A considèrent que le responsable politique de leur administration n’est pas un bon gestionnaire du changement. Un pourcentage qui cache de fortes disparités d’une fonction publique à l’autre.


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Pour cette dernière enquête de l’année, les fonctionnaires de catégorie A issus du panel de l’Observatoire de la Modernisation de l’État constitué par Acteurs publics et l’Ifop ont été invités à se prononcer sur le comportement du responsable politique de leur administration, terme qui recouvre des réalités très différentes selon la fonction publique de rattachement de ces cadres.

Globalement, se font jour des jugements critiques vis-à-vis des responsables politiques, non pas sur leur action en tant que telle, mais précisément sur leur capacité à conduire le changement et les réformes dans leur administration. Ainsi, la majorité des fonctionnaires interrogés (59 %) considère que le responsable de leur administration, qu’il soit ministre ou élu, n’est pas un bon gestionnaire du changement, un répondant sur cinq allant jusqu’à estimer qu’il ne l’est pas du tout. À l’inverse, un tiers de nos décideurs publics juge de manière positive la gestion du changement opéré par leur responsable politique.

1- La perception du responsable politique de son administration comme un bon gestionnaire du changement

Question : D’après ce que vous en savez, diriez-vous que le responsable politique de votre administration, qu’il soit Ministre ou élu, est un bon gestionnaire du changement ?

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Clivage des fonctions publiques
S’agissant de ce premier indicateur, émergent des clivages selon le statut et la région d’appartenance des cadres de la fonction publique : les titulaires, d’une part, et les Franciliens, d’autre part, expriment des perceptions plus positives que la moyenne (42 % dans ces deux segments du panel). Mais la ligne de fracture majeure observée réside dans la fonction publique de rattachement des répondants. Ainsi, inversement à la moyenne observée, 57 % des fonctionnaires territoriaux de catégorie A considèrent que le responsable politique de leur administration est un bon gestionnaire du changement, opinion partagée par à peine un tiers des agents de l’État, voire un quart des fonctionnaires hospitaliers. Tout se passe comme si la proximité “physique” des agents de la fonction publique territoriale avec leur élu (le maire, le président du conseil général ou régional) favorisait grandement la reconnaissance de l’implication de celui-ci dans le changement au sein de sa structure publique, à l’inverse d’un cadre de la fonction publique d’État ayant pour référent politique son ministre de tutelle.

L’analyse des jugements détaillés associés par les répondants au responsable politique en matière de gestion du changement de leur administration confirme cette première perception empreinte de sévérité. Certes, il convient de souligner qu’un cadre public sur deux reconnait à son responsable politique une vision claire de l’état des réformes en cours dans son administration, une représentation qui s’avère encore plus fortement partagée par les agents territoriaux (68 %) et à un degré moindre, hospitaliers (60 %).

Au-delà de ce satisfecit, se font jour deux critiques, exprimées par une majorité de répondants relevant peu ou prou d’un déficit d’implication de l’élu et du ministre. D’une part, ceux-ci sont perçus comme agissant principalement par effets d’annonce (55 %), une critique que l’on retrouve plus généralement au sein du grand public dans la caractérisation du personnel politique. D’autre part, seule une minorité de cadres publics estime que leur responsable politique s’implique réellement dans les réorganisations internes de leur administration (35 % de réponses positives). Les jugements se dégradent davantage, s’agissant de l’intérêt des politiques pour les conséquences de ces réorganisations en matière de ressources humaines (30 % seulement).

2 - Le jugement détaillé sur le responsable politique de son administration en matière de gestion du changement.


Question : Pour chacune des phrases suivantes, diriez-vous qu’elle s’applique ou pas au responsable politique de votre administration (qu’il soit Ministre ou élu) ?

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Attentes fortes
Dans le détail des réponses, on retrouve le même clivage que celui observé précédemment sur la fonction publique d’appartenance avec des perceptions – proximité oblige – systématiquement plus favorables chez les cadres territoriaux : 51 % d’entre eux estiment que leur élu s’implique réellement dans les réorganisations internes, 48 % affirment qu’il se soucie des conséquences de ces réorganisations en matière de ressources humaines. Relevons sur ce dernier aspect que les critiques les plus fortes sont le fait des agents de la fonction publique d’État.

Par ailleurs, les cadres publics de notre panel étaient invités à préciser le moment jugé le plus déterminant pour l’intervention du responsable politique de leur administration en matière de gestion du changement. À la lecture des résultats, l’hétérogénéité des réponses semble témoigner de l’extrême diversité des situations vécues par les fonctionnaires de catégorie A. Elle révèle également l’existence d’attentes fortes (et ce en dépit des critiques précédemment exprimées) à l’égard de son responsable politique puisque seuls 11 % des répondants estiment que son intervention n’est déterminante à aucun moment.

Plus précisément, une majorité (très) relative de répondants (33 %) estime que l’implication du responsable politique de leur administration est d’égale importance à chacune des étapes du changement. Près d’un quart (26 % exactement) estiment plutôt que son intervention est déterminante pour amorcer les changements tandis qu’un cinquième évoque plutôt la période de leur mise en œuvre. Enfin, 6 % considèrent que l’intervention du responsable politique est déterminante uniquement lors de l’évaluation des résultats.

3- Le moment le plus déterminant concernant l’implication du responsable politique de son administration.

Question : Plus précisément, à quel(s) moment(s) l’implication du responsable politique de votre administration est-elle la plus déterminante ?

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Dans le détail, les opinions exprimées par les panélistes de l’Observatoire de la Modernisation de l’État varient de façon minime d’une catégorie d’agents de catégorie A à une autre. Tout au plus convient-il de relever que les membres de la fonction publique d’État situent davantage que leurs homologues hospitaliers et territoriaux le moment le plus déterminant de l’intervention de leur responsable politique lors de la mise en œuvre des changements, ces derniers citant avec davantage d’insistance leur phase d’amorçage.

Frédéric Dabi et Yves-Marie Cann, directeur et directeur d’études du département Opinion de l’Ifop

 

Frédéric Dabi

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