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# 48

Les collectivités face à la rigueur
Enquête : Le quai d’Orsay à l’heure des choix

Contributions

04/10/2007 Contre

Faut-il fusionner l'ANPE et l'Unedic ?

Annie Thomas, secrétaire nationale de la CFDT et présidente de l'Unedic, milite pour le renforcement des liens entre les deux instances, plutôt que pour leur fusion.


Que pensez-vous de la fusion entre l'ANPE et l'Unedic ?
Ce n'est pas une bonne idée, ni la bonne réponse aux problèmes que connaissent les demandeurs d'emploi. Ce n'est pas une réforme organisationnelle qui va résoudre le problème du chômage en France. Les causes du chômage sont à rechercher dans la faiblesse de la croissance, des créations d'emploi, des politiques de recherche et d'innovation, c'est-à-dire dans la faiblesse des réformes structurelles. En outre, lorsque le gouvernement ou le président de la République parlent de fusion, ils n'avancent pas sur le modèle retenu. Il ne s'agit pas d'une fusion entre deux systèmes de l'État, comme pour la direction générale du Trésor ou celle des impôts, mais d'un possible mariage entre deux modèles très différents, l'un public, l'autre contractuel et paritaire, géré par les partenaires sociaux. Nous pensons que derrière les propositions gouvernementales, se cache une étatisation de l'Unedic – car l'ANPE a plus de salariés –, ce que nous refusons, et non pas une “privatisation” ou une “paritarisation” de l'ensemble du système, sous la direction des partenaires sociaux et fonctionnant sur le mode de la négociation collective.

N'y a-t-il pas derrière tout ceci une volonté de ne pas “dilapider” l'argent des cotisations que vous percevez ?
Pas du tout. L'argent que nous recevons des entreprises et des salariés est destiné aux demandeurs d'emploi. Par le biais de la négociation collective et du paritarisme, nous sommes certains qu'il va dans leurs poches. Qu'en sera-t-il dans un système étatisé ? L'argent sera sûrement utilisé à d'autres fins. Notre système est simple : des rentrées de cotisations équivalentes à des versements d'indemnisations et d'aides à la formation. Nous ne voulons pas que l'argent de l'Unedic, dont le déficit est en voie de règlement, serve à combler le déficit public. L'argent de l'Unedic doit aller aux chômeurs. Quand nous aurons atteint le plein emploi, on verra ce qu'on en fera.

Vous avez indiqué récemment que vous n'étiez pas opposée à un “rapprochement opérationnel” avec l'ANPE…
Il est vrai que nous comprenons mal cet "acharnement thérapeutique" en faveur d'une fusion, alors que nous sommes déjà en situation de rapprochement opérationnel réel avec l'ANPE. Nous avons signé une convention tripartite avec l'État en mai 2006 autour de plusieurs axes. Au début de l'année 2007, il y avait 200 guichets uniques sur le territoire français, nous espérons en avoir 400 à la fin 2007. Nous avons également mis en place le dossier unique du demandeur d'emploi. Nos systèmes informatiques ont enfin été uniformisés pour construire un système commun. Nous ne souhaitons pas la fusion, mais nous aurons des modes de travail et une architecture informatique communs.

Qu'attendez-vous alors pour aller plus loin dans ce rapprochement ?
Nous aimerions un égal accès à la formation pour tous les demandeurs d'emploi. À cette fin, il faut harmoniser les droits des uns et des autres. L'articulation entre l'offre et la demande d'emplois doit s'ajuster, ce que nous avons commencé à expérimenter avec des opérateurs privés. En la matière, c'est vers les territoires qu'il faut se tourner. La priorité est de savoir comment mieux travailler ensemble à l'échelle des territoires. Le niveau pertinent est le niveau territorial, pas le niveau national. Cela suppose des efforts, aussi bien de la part de l'ANPE que de la nôtre. Nous avons déjà des guichets uniques d'inscription, il faut maintenant des guichets uniques de traitement de toutes les dimensions du retour à l'emploi.

Annie Thomas en quelques dates

- 1975 : licence d'histoire, puis entre à La Poste comme inspectrice des PTT
- 1984 : secrétaire générale du syndicat CFDT-PTT de la Haute-Garonne
- 1992 : secrétaire générale de l'Union régionale interprofessionnelle CFDT de Midi-Pyrénées
- 1998 : membre de la commission exécutive de la CFDT, élue au congrès de Lille
- 2002 : diplômée de l'École nationale d'administration
- 2006 : présidente de l'Unedic.

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