08/06/2009
Emploi

Face à l’explosion du chômage

La délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle voit ses moyens progresser à mesure que la France s’enfonce dans la crise. Certaines mesures nécessitent une large coopération avec les partenaires sociaux.


Face à la hausse vertigineuse du chômage, le ministère de l’Économie est encore en première ligne. Et pour cause : l’emploi fait partie de ses attributions depuis 2007. Le principal service concerné, la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle, voit son budget progresser à mesure que le pays s’enfonce dans la crise. Fixée à quelque 11 milliards d’euros au départ, l’enveloppe des politiques de l’emploi a progressé de 1,3 milliard à l’issue de la dernière loi de finances rectificative. Une rallonge qui recouvre une foule de mesures : l’amélioration de l’indemnisation du chômage partiel, les expérimentations du contrat de transition professionnelle (CTP), le "dopage" de la convention de reclassement personnalisé, les 1 840 recrutements chez Pôle emploi ou encore les aides destinées à favoriser l’embauche de jeunes dans les entreprises. Pas sûr que les crédits prévus suffisent… À cela s’ajoutent 700 millions d’euros budgétés pour les exonérations de charges sur les embauches dans les entreprises de moins de 10 salariés.

Chaque fois, la délégation générale à l’emploi est sollicitée. Parfois en amont, pour donner des idées. "En région, nos agents ont très tôt constaté que les entreprises étaient de plus en plus nombreuses à recourir au chômage partiel, explique Bertrand Martinot, délégué général à l’emploi. L’idée d’en assouplir les conditions en découlait assez naturellement." Surtout, les fonctionnaires sont appelés à mettre en musique le plus rapidement possible les annonces gouvernementales. Certaines sont des mesures "de guichet", comme les exonérations de charges, et sont mises en œuvre quasi instantanément.

Un délai pour les négociations
D’autres prennent plus de temps à cause des contraintes réglementaires et de négociations avec les partenaires sociaux. "Le dernier changement des règles du chômage partiel, par exemple, ce n’est pas une décision que l’État prend tout seul, insiste Bertrand Martinot. Il faut obtenir un accord interprofessionnel et s’entendre avec l’Unedic, pour qui l’enjeu est d’environ 150 millions d’euros." Résultat : il a fallu un mois et demi entre l’annonce de Nicolas Sarkozy de porter l’indemnisation de chômage partiel à 94 % du salaire net et la sortie du décret concrétisant la mesure, le 27 avril. Même s’il est parfois possible de rendre certaines mesures rétroactives (chômage partiel, CTP, etc.).

Autre dispositif médiatisé : la hausse des contrats aidés dans le secteur non marchand. Une fois l’annonce de l’ouverture des crédits faite, reste à trouver… des employeurs pour y recourir. Ce qui n’est pas une mince affaire. Les collectivités et associations ne se bousculent pas au portillon et, au rythme actuel, le gouvernement ne parviendrait pas à utiliser tous les contrats budgétés. D’où l’idée d’assouplir un peu les critères. Et de demander aux 4 000 agents des directions déconcentrées du travail chargés de l’emploi de tout faire pour "placer" des chômeurs dans des contrats aidés. Avec le concours des 45 000 agents de Pôle emploi. Mais, là encore, il faut du temps.

Laurent Fargues

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