La programmation menacée
La pluriannualité budgétaire doit être maintenue coûte que coûte, serine la direction du budget. La relance doit se concentrer sur des dépenses ponctuelles et immédiates.
Tenir la dépense courante et ne pas dépasser les plafonds définis avant la crise dans le budget triennal de l’État (2009-2011). Tel est le mot d’ordre dans les couloirs du ministère du Budget. Car si la crise impose de débloquer des crédits publics pour relancer l’économie, Bercy veut éviter à tout prix que les administrations en profitent pour augmenter leurs dépenses de fonctionnement. La création d’un portefeuille ministériel spécifique pour gérer l’enveloppe de la relance n’est d’ailleurs pas un hasard. Pas plus que la présentation du déficit distinguant la partie conjoncturelle de la partie structurelle.
Inflexibilité absolue
La direction du budget veille au grain. "Nous sommes attentifs à ce que les crédits affectés dans le cadre du plan de relance ne servent pas à alimenter des dépenses pérennes", relate Claude Wendling, sous-directeur du budget. En clair, tout engagement au-delà de 2010 ou promesses de subventions à long terme sont proscrits. Les bureaux sectoriels de la direction du budget passent au peigne fin les demandes des ministères, histoire d’éviter que ceux-ci profitent de la crise pour obtenir une aisance financière… Au moment du montage du plan de relance, certains ont déjà tenté de revenir sur d’anciens arbitrages budgétaires. Plus largement, le ministère affiche une totale inflexibilité sur le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux ou sur la poursuite des transformations décidées dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques.


















