Les banques sous perfusion
Retour sur la gestation du dispositif de soutien aux banques après le krach de l’automne dernier. Aujourd’hui, la direction du Trésor pense déjà à la manière de débrancher la garantie de l’État du secteur financier.
"En septembre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, on a changé de monde." Au cabinet de Christine Lagarde, quand on se souvient de la crise financière de l’automne dernier, on se rappelle aussi un certain nombre de nuits blanches. Face au krach bancaire, il a fallu agir vite. Très vite. D’abord en mobilisant la direction du Trésor (DGTPE) et son service du financement de l’économie. En un mois, le plan de soutien aux banques a été conçu, puis concerté avec les autres pays européens, traduit dans un projet de loi de finances rectificative, voté au Parlement et enfin promulgué le 16 octobre. "C’est sans doute le texte qui s’est fait le plus rapidement dans l’histoire de la République, commente un membre du cabinet de la ministre de l’Économie. On a pu compter sur tout le monde, des agents de Bercy aux parlementaires en passant par le Conseil d’État."
54 milliards d’euros
À Bercy, le plan n’a pas exigé une mobilisation d’effectifs considérables. Une petite dizaine de personnes à la direction du Trésor et autant à la direction du Budget. Il faut dire que les deux dispositifs choisis – la Société de financement de l’économie française (Sfef) et la Société de prise de participation de l’État (SPPE) – relèvent avant tout de montages juridiques et financiers. "La première est une société créée par les banques, avec la garantie de l’État, pour leur permettre de retrouver des capacités de financement à moyen et long terme sur les marchés financiers, décrit Hervé de Villeroché, chef du service du financement de l’économie à la DGTPE. La seconde apporte des quasi-fonds propres aux principales banques françaises." En huit mois, les deux structures n’ont pas chômé. La Sfef a émis un total de 54 milliards d’euros et la SPPE a apporté 22,6 milliards d’euros de quasi-fonds propres. Mais, à la direction du Trésor, on pense déjà à l’après-crise et à la manière de "déboucler" le dispositif. "Une fois qu’on a branché une garantie de l’État sur le secteur financier, le défi est d’en sortir", poursuit Hervé de Villeroché. Pour l’instant, il est prévu que les émissions d’emprunts de la Sfef cessent après le 31 décembre. À condition, bien sûr, que l’état des bourses mondiales le permette.


















