08/06/2009
Relance

Pallier des investissements atones

Paradoxe : plusieurs fonctionnaires de la direction du budget sont chargés de pousser les administrations à la dépense afin d’assurer la mise en œuvre rapide du plan de relance. L’après-crise passe aussi par un fort soutien à l’innovation des entreprises privées.


Depuis quelques mois, c’est un peu le monde à l’envers à la direction du budget. Trois sous-directeurs ont pour mission de… pousser à la dépense. Il s’agit des trois gérants des crédits affectés au plan de relance et placés sous la coupe du ministre de la Relance, Patrick Devedjian. Outre les 10 milliards d’euros de mesures fiscales, quelque 12,5 milliards de dépenses sont engagées directement par les ministères en 2009. Selon la répartition suivante : 2,8 milliards pour les investissements publics, 7,5 milliards pour le soutien à l’emploi et aux entreprises et 2,2 milliards pour le logement et la solidarité. Mais une fois les enveloppes votées, le plus difficile est de s’assurer qu’elles soient utilisées au plus vite. "La règle est simple, assure Claude Wendling, sous-directeur du budget, si un ministère n’a pas la capacité de dépenser les crédits mis à sa disposition, ils sont transférés à un autre." La pratique sera sans doute un peu plus complexe.

Histoire de suivre au plus près l’évolution des dépenses, le ministère de la Relance a mis en place un programme informatique spécifique au niveau des préfets de région. Des comités de pilotage ont également été installés dans chaque ministère. "Notre pire ennemi, c’est le temps", estime Michel Thénault, le directeur de cabinet de Patrick Devedjian. Certains programmes de rénovation ou d’aménagement de bâtiments publics risquant de s’enliser ont d’ores et déjà été abandonnés. Et le ministère de la Relance s’appuie sur la direction des affaires juridiques de Bercy pour accélérer les procédures des partenariats public-privé ou du code des marchés publics.

Productivité
S’agissant des aides nouvelles apportées aux entreprises, le ministère de l’Économie compte sur la direction générale de la compétitivité pour porter la bonne parole. Les 500 fonctionnaires des services déconcentrés de cette direction connaissent bien le tissu productif pour rencontrer régulièrement les chefs d’entreprise. Depuis le début de la crise, ils les informent des nouveaux outils du plan de relance : fonds stratégique d’investissement, augmentation du volume de garanties apportées par Oséo, l’établissement chargé de soutenir l’innovation et la croissance des PME, aides à l’embauche dans les entreprises de moins de 10 salariés, remboursements accélérés d’impôts, etc. Le directeur de la compétitivité, Luc Rousseau, a un leitmotiv : "Il faut continuer à soutenir les investissements et l’innovation pour préparer l’après-crise. Les entreprises doivent continuer à améliorer leur productivité."

Laurent Fargues

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