Pas touche Ă ma gendarmerie

Le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2) arrive en première lecture à l’Assemblée cette semaine. Véritable feuille de route de la police et de la gendarmerie jusqu’en 2013, ce texte, qui pour des raisons budgétaires se fait attendre depuis 2007, s’inspire essentiellement des grands principes de la RGPP avec un volet de riposte face à la délinquance sur Internet non négligeable. La proximité des élections régionales ne facilitera pas le débat.
Il y a bien sûr ceux, généralement dans l’opposition, qui crient déjà à l’État sécuritaire. Accusant de tous les maux un “énième fourre-tout législatif”, mélangeant vidéosurveillance, fichage policier, couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, et contrat de responsabilité parentale… Avec toutefois, parmi ces mesures, la possibilité, sur décision d’un juge, d’autoriser la police à extraire des données d’un ordinateur – sans le consentement de son propriétaire – dans le cadre plus large que celui d’affaires criminelles. Une mesure qui devrait interpeller l’opinion et dont la présentation, c’est à espérer, devrait provoquer un large débat.
Enfin, dans un autre domaine, la contestation ne devrait pas se limiter à la seule opposition. En effet, un certain nombre d’élus locaux ont bien compris qu’après La Poste et la maternité, les jours de certaines gendarmeries rurales sont désormais comptés. La Loppsi 1 de 2002 n’aurait effectivement pas réellement tenue ses promesses en matière d’effectifs et la Loppsi 2 ne serait pas plus généreuse, puisque 2 500 postes de gendarmes seraient supprimés dans les deux années à venir.
Pensée et mise au point par Michèle Alliot-Marie, la Loppsi 2 sera portée par Brice Hortefeux sur les fonts baptismaux. Gageons que l’adversité aura raison des actuelles tensions entre les deux ministres.


















