Cinq collectivités en pointe

Concilier activités économiques, pratiques écologiques et lien social est le défi du développement durable. Voici comment cinq collectivités le relèvent.
Orléans (Loiret)
L’innovation par les services
Crée en septembre 2009 à l’initiative de l’agglomération d’Orléans, Nekoé est le premier pôle d’excellence français spécialisé dans l’innovation par les services. Les membres du pôle (la région Centre, la Drire, les universités d’Orléans et des entreprises implantées sur le territoire orléanais) se sont fixés pour mission de développer une économie de fonctionnalité, dans laquelle la responsabilité des produits ne repose plus sur les clients mais sur les prestataires de service.
L’idée : valoriser le cycle de vie des produits pour minimiser leurs impacts environnementaux, mais aussi entretenir des relations de confiance entre les acteurs économiques d’un même territoire, pour les amener à mutualiser leurs besoins et mettre en œuvre des services partagés.
À cette fin, le pôle ambitionne d’offrir un espace de réflexion commune d’où émergeront des projets de création de services innovants, à l’image de ce que propose l’entreprise Michelin. Pour Paul Pietyra, directeur général de Nekoé, l’exemple est emblématique : “Il y a dix ans, Michelin vendait des pneus. Aujourd’hui il loue les mêmes pneus aux transporteurs ou aux particuliers et propose des contrats de services de montage et de maintenance, jusqu’au recyclage. C’est un bel exemple de transition d’une approche économique centrée sur le produit vers une approche centrée sur le service.”
Créatrice de nouveaux champs de croissance pour l’économie locale, l’innovation par les services est aujourd’hui inscrite dans de la stratégie d’innovation de la région Centre comme “axe principal”.
Mouans-Sartout (Alpes-Maritimes)
L’achat éthique à tous les étages
Petit Poucet des lauréats Territoires de commerce équitable 2009, Mouans-Sartout, une commune de 10 000 habitants des Alpes-Maritimes, pratique une politique d’achats responsables depuis plus de dix ans. Dès 2001, la municipalité a décidé de consacrer plus de 16 000 euros par an au cofinancement de projets solidaires dédiés à l’eau (1 % du budget de la régie des eaux).
Mouans-Sartout soutient également l’implantation de boutiques de commerce équitable, à l’image de l’enseigne Botanic, qui a supprimé les pesticides de ses rayons. Quant aux approvisionnements des cantines scolaires, ils contiennent 50 % de produits issus de l’agriculture biologique. La municipalité s’engage enfin “à acheter local autant que possible et à ne proposer que des fruits et légumes de saison”.
Poitou-Charentes
Le microcrédit vert
Lancé début 2009 en partenariat avec le Crédit mutuel et le Crédit Agricole, le microcrédit à  0 % “énergie verte” est une spécialité de la région Poitou-Charentes. Il est destiné aux particuliers qui souhaitent réaliser des travaux de maîtrise de l’énergie dans leurs logements.
Le conseil régional soutient l’installation de chauffe-eau solaires, d’équipements photovoltaïques, de poêles hydrauliques, le remplacement de vitrages ou encore des travaux d’isolation en prenant en charge les intérêts de ces microcrédits. Cumulable avec le crédit d’impôt, le prêt peut aller jusqu’à  8 000 euros, sur une durée maximum de 60 mois.
Près de 680 particuliers en ont déjà bénéficié. Une réussite qui conduit la région à prolonger les enveloppes dédiées.
Belfort
Le transport Ă la carte
Une carte de transport gratuite avec un système de paiement a posteriori en fonction des déplacements. Telle est l’innovation écologique et sociale mise en place depuis 2008 par le Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort (SMTC). Explication : grâce au pass Optymo, les usagers bénéficient d’un titre de transport gratuit, qui leur permet d’utiliser l’ensemble des bus du réseau “à la carte”, et ils ne payent leur dû qu’en fin de mois, par prélèvement bancaire ou en agence.
Via ce dispositif, les voyageurs occasionnels n’ont plus à acheter de carnets de tickets ou à s’engager dans une formule d’abonnements dont ils ne profiteraient pas pleinement.
Un moyen efficace pour le SMTC d’attirer davantage de Belfortains vers les transports en commun. Pour Christian Proust, président du Syndicat mixte, l’opération est une réussite : “depuis la création du pass Optymo en 2008, nous avons recensé un million de voyages supplémentaires par an”. Les usagers ont massivement adopté cette approche innovante, puisque 85 % des validations se font aujourd’hui via ce fameux pass.
Plafonné à  31 euros par mois (9 euros pour les tarifs mineurs et sociaux), le coût des déplacements s’inscrit dans une stratégie de revalorisation des transports en commun. Pour Christian Proust, “les gens sont de plus en plus conscients des impacts environnementaux de leur voiture, mais nous devons encore améliorer l’image du bus”.
Alsace
Les corridors écologiques
Initié dès 2003, le plan de la région Alsace en faveur de la biodiversité, fait des émules. Il a inspiré le programme national engagé dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Son principe : relier les espaces naturels pour lutter contre leur morcellement. Dans ce but, collectivités locales et associations environnementales de la région alsacienne se sont associées pour cartographier le territoire et monter une trentaine de projets de corridors écologiques.
Ces projets intègrent les exploitants agricoles et fonciers locaux, notamment via le “contrat trame verte et biodiversité” qui vise à promouvoir la plantation de haies et la création de friches sur les surfaces agricoles de moindre productivité. Financée à raison de 400 000 euros annuels, cette politique régionale devrait permettre la libre circulation des espèces animales et végétales.
Par Anne Farthouat


















