10/05/2010
Budget

Les premiers effets de la "rigueur"

À deux échelles différentes, le ministre de l'Agriculture et le maire de Saint-Étienne anticipent les effets concrets du gel des dépenses de l'État en valeur sur leur propre budget. Si le premier obtempère, le second dénonce la responsabilité du gouvernement.


Rigueur ou pas rigueur ? Alors que le débat sémantique fait rage après l'annonce faite par François Fillon de geler les dépenses de l'État "en valeur" – c'est-à-dire sans tenir compte de l'inflation –, quelques administrations commencent à faire leurs comptes et prévoir les effets concrets du tour de vis. Dimanche 9 mai, le ministre de l'Agriculture a reconnu qu'il ne pourrait pas verser certaines aides prévues pour les agriculteurs. "Nous prendrons notre part à l'effort, a déclaré Bruno Le Maire. Il est évident que, sur un certain nombre d'aides que l'on aurait pu envisager secteur par secteur, eh bien, nous allons y renoncer." Plutôt que de s'en plaindre, le ministre assure que les aides ne constituent pas la seule solution aux maux de l'agriculture française et qu'il faut privilégier les instruments de compétitivité, ainsi que la régulation européenne.

À une autre échelle, le maire PS de Saint-Étienne a calculé que le gel des dépenses annoncé par le Premier ministre se traduirait par une perte de 15 millions d'euros pour sa ville au cours des trois années à venir. "Cette perte s'ajoutera à celles dues à la suppression de la taxe professionnelle et sera encore alourdie par les transferts de charges permanents supportés par nos collectivités", estime Maurice Vincent, le maire de la ville, avant de pointer la responsabilité du gouvernement dans la dégradation des finances publiques. Plus largement, les associations d'élus locaux semblent peu enclines à accepter sans rien dire une diminution des transferts financiers de l'État vers les collectivités.

L'Association des régions de France a ainsi sauté sur l'occasion du rapport de la Cour des comptes sur la fiscalité locale pour relever que l'augmentation des dépenses des collectivités était liée au désengagement de l'État des investissements publics et au transfert des compétences, plutôt qu'à une éventuelle mauvaise gestion des collectivités. Les débats de la conférence sur les déficits publics du 20 mai s'annoncent houleux.

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