De Copenhague aux régionales

À Copenhague, le G2 formé par la Chine et les USA aura finalement eu raison des bonnes intentions de la planète. Les deux plus gros pollueurs du monde ont réussi à s’entendre pour préserver leur souveraineté environnementale. Résultat : la déclaration finale du sommet de Copenhague renvoie l’Europe et les pays émergents à leurs chères études sur le climat.
Déterminé à en faire un succès coûte que coûte, le gouvernement français a perdu son pari. L’accord contraignant dont il voulait être le mentor n’a pas eu lieu. Les Européens, qui jouaient pourtant à domicile, ont même perdu le match sans panache. Leur incapacité à imposer les idées du premier ensemble économique mondial montre bien que l’Europe politique est loin d’avoir le poids de son économie. Au moment où, partout en Europe, les thèses des écologistes conquièrent les esprits, cette promesse non tenue pourrait avoir des conséquences électorales importantes dans les mois à venir, en France comme ailleurs.
En France, cet échec des partis traditionnels à imposer à Copenhague un moratoire contraignant pourrait constituer une prime non négligeable pour Les Verts aux régionales. Après son succès aux dernières européennes, le parti écologiste pourrait, à cette occasion, jouer un rôle charnière lors de la constitution des exécutifs régionaux. Même si la gauche ne part pas perdante aux régionales, le scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire l’obligera aux inévitables deuxièmes tours à composer avec les Verts en proportion de leur score du premier tour. Nul doute alors que dans les régions de gauche, les cartes du pouvoir régional seront largement rebattues en mars prochain.


















